Charlotte Graber, musicienne et bibliothécaire

Présente-toi, en quelques mots : d’où tu viens, qu’est-ce qui t’a mené à la musique...

Je suis née dans les montagnes neuchâteloises et j’y suis revenue dès la fin de mes études. Ma grand-maman était pianiste et ma tante chanteuse ; pour ma part, j’ai commencé le piano à l’âge de 5 ans, et la musique a toujours été une évidence dans mon existence. Vers 12 ans, j’ai commencé à écrire des chansons et à m’accompagner à la guitare et au piano. Ces deux chemins — le piano classique et mes chansons — se sont développés en parallèle durant de nombreuses années.

C’est au Lycée de La Chaux-de-Fonds que la musique est devenue plus encore une évidence, avec le choix d’y consacrer mes études puis, par la suite, ma carrière.

J’ai toujours aimé toutes les facettes de la musique, et particulièrement les sujets transversaux — l’égalité de genre, les émissions sonores animales, le lien entre la musique et la santé, la musique comme fait de société, le fait sonore comme patrimoine, etc. Je n’ai donc jamais souhaité dédier ma vie professionnelle uniquement à la pratique musicale, mais plutôt adopter une approche globale qui me permette également de gagner ma vie.

 

Quel cursus as-tu effectué ? Comment étaient les études pour toi ?

J’ai effectué le Bachelor « Musique et musicologie » à la Haute école de musique de Genève et à l’Université de Genève. Voyant mes affinités avec la musicologie s’affirmer, j’ai poursuivi avec un Master en musicologie, toujours à Genève, en me penchant notamment sur la question du chant des oiseaux dans mon travail de Master.

Par la suite, j’ai suivi le CAS en gestion de projets culturels et musicaux à la Haute école de musique, sur le site de Neuchâtel, en parallèle de mon engagement auprès des archives du Montreux Jazz Festival à l’EPFL, pour lesquelles j’ai travaillé avec joie durant 7 ans.

J’ai pleinement profité de ma vie étudiante à Genève durant mon Bachelor, en ayant également la possibilité de développer mon propre projet musical en parallèle et de nouer des amitiés — à la HEM, à l’Université ou dans la vie culturelle genevoise — qui durent encore aujourd’hui et qui ont été primordiales dans le développement de mon identité et de mon parcours.

 

Où en es-tu dans ta carrière ? Quel est ton quotidien d’artiste ? Comment se répartissent tes activités ?

Ma vie actuelle s’articule autour de mon poste de bibliothécaire à 50 % à la Haute école de musique de Genève, sur le site de Neuchâtel, ainsi que de l’accompagnement et l’expertise de travaux académiques à la Haute école de musique à Lausanne.

La pratique musicale a occupé une place importante dans ma vie, surtout dans le domaine des musiques actuelles, jusqu’à la période du Covid et au début de ma vie de maman. Elle continue d’en faire partie, mais de façon plus intime, notamment en jouant en famille avec mes deux garçons et mon conjoint.

J’ai également enseigné le piano durant dix ans parallèlement à mes autres activités, mais, il y a trois ans, j’ai préféré me consacrer davantage au secteur des archives et des bibliothèques musicales, dans lequel je travaille depuis mes études. J’ai toujours souhaité avoir une vie professionnelle partagée entre un emploi stable, des projets personnels et la transmission, et je suis reconnaissante d’avoir pu y parvenir jusqu’ici. J’ai aussi la chance d’avoir du temps libre pour faire de la course à pied ou du ski, passer du temps avec mes proches et dans la nature, ce qui est essentiel à mon équilibre.

 

Rétrospectivement, quels ont été les éléments-clés qui t’ont aidé — ou qui t’aident encore — dans ta vie professionnelle et artistique ?

La pratique intensive d’un instrument m’a appris l’autonomie dans le travail, ainsi que l’importance de la structure et des objectifs. Ces apprentissages ont été primordiaux dans toutes les activités, musicales ou extra-musicales, que j’ai menées par la suite.

Un autre aspect qui me semble essentiel, ce sont les rencontres et les opportunités qui se présentent durant les études puis par la suite. C’est, selon moi, à travers ces rencontres que naissent les projets, la curiosité et l’ouverture d’esprit nécessaires à l’évolution professionnelle et personnelle.

La possibilité d’effectuer des stages durant mon Master en musicologie a également été déterminante. Ces incursions dans la vie professionnelle m’ont permis de confirmer mes intérêts pour les domaines des archives et des bibliothèques, de la transmission et de la recherche.

 

Au contraire, y a-t-il des choses que tu aurais aimé savoir en sortant des études ?

Savoir qu’il y a un temps pour tout, et ne pas vouloir tout faire en même temps, m’aurait été bien utile pour économiser mon énergie et éviter l’épuisement que j’ai vécu après mon Bachelor. Cela dit, je ne regrette pas du tout mes années d’études, car j’ai pu profiter de tout un contexte très stimulant et enthousiasmant.

L’importance d’être proactif·ve et de créer un réseau dès le début des études me paraît également fondamental dans le milieu de la musique, car ces occasions ne se représentent pas forcément par la suite et que les institutions musicales sont un terreau extrêmement fertile d’idées et d’énergies.

Les formations de Charlotte

Bachelor of Arts en musique et musicologie UNIGE - Unité de musicologie CAS en gestion de projets culturels et musicaux