Acte I
Blanche de La Force, jeune aristocrate fragile et anxieuse, vit dans un climat de peur nourri par les troubles révolutionnaires. Alors que son père et son frère s'inquiètent pour elle, elle annonce son désir d'entrer au Carmel de Compiègne. Au couvent, elle rencontre Madame de Croissy, prieure exigeante et lucide, puis découvre la vie conventuelle aux côtés de sœur Constance. L'acte s'achève sur l'agonie douloureuse de Madame de Croissy, dont la mort bouleverse profondément Blanche.
Tableau 1 – La bibliothèque du marquis de La Force Dans la demeure familiale, le marquis de La Force et son fils évoquent l'insécurité croissante qui règne à Paris. Blanche, marquée par une grande anxiété, annonce son intention d'entrer au Carmel. Elle espère y trouver une forme d'apaisement en s’extrayant du monde qui l'effraie.
Tableau 2 – Le parloir, au Carmel de Compiègne Blanche rencontre Madame de Croissy, la prieure du couvent. Celle–ci perçoit la fragilité de la jeune femme et comprend que son désir d'entrer en religion est aussi lié à sa peur du monde. Elle accepte néanmoins sa demande.
Tableau 3 – La tour, à l'intérieur du couvent Blanche découvre la vie du Carmel et fait la connaissance de sœur Constance de Saint–Denis, novice, comme elle. Leur échange révèle deux tempéraments très différents. Constance, vive et intuitive, évoque la prémonition qu’elle a eu : elles mourront ensemble.
Tableau 4 – Une cellule de l'infirmerie Madame de Croissy vit ses derniers instants. Sa mort, loin d'être sereine, est marquée par l'angoisse et le sentiment d'abandon. Blanche assiste, interdite, à cette agonie effroyable.
Acte II
Après la mort de Madame de Croissy, Madame Lidoine est choisie pour être la nouvelle prieure - ses origines modestes sont plus en accord avec le climat politique. Mais la Révolution se fait plus bruyante et menace le mode de vie de la communauté.
Tableau 1 – La chapelle du Carmel Blanche et Constance sont de veille autour du corps de la défunte prieure. Constance s’absente pour aller chercher la relève. Prise de panique d’être seule avec la dépouille, Blanche est prête à s’enfuir. Elle est arrêtée par Mère Marie qui lui rappelle son devoir avec bienveillance et fermeté.
Interlude 1 – Le jardin du couvent Blanche et Constance préparent une croix de fleurs pour la tombe de Madame de Croissy. Constance, parle de la mort de Mme de Croissy : cette mort lui semble avoir été trop petite pour elle, comme si elle était morte à la place de quelqu’un d’autre. Elle a confusément compris qu’il s’agissait d’un transfert de grâce.
Tableau 2 – La salle du chapitre C’est le premier discours de Mme Lidoine en tant que Prieure. En ces temps de conflits, elle exhorte la communauté à la simplicité et à la prière.
Interlude 2 – Une salle du couvent Une sonnette se fait entendre à l’entrée la plus discrète du Carmel. C’est le Chevalier de La Force qui demande à voir sa sœur. L’entrevue est accordée.
Tableau 3 – Le parloir Le Chevalier a décidé de rejoindre les émigrés royalistes. Il supplie sa sœur de quitter le Carmel jugeant qu’elle n’y est pas en sûreté. Après un échange tendu, chacun poussant l’autre dans ses retranchements, Blanche restera au sein de la communauté, le Chevalier quittera la France.
Tableau 4 – La sacristie du Carmel L'aumônier annonce aux sœurs qu'il doit fuir, proscrit par la Révolution. Il les bénit une dernière fois. A peine le prêtre parti, c’est la Révolution elle-même qui pénètre le Carmel : des commissaires viennent annoncer la dissolution de toutes les communautés religieuses, la vente de leurs biens et l’obligation de quitter les lieux. L’acte se termine au cri de « Ah ! Ça ira ! » hurlé par la foule.
Acte III
Le Carmel est fermé et les religieuses sont dispersées. Blanche, submergée par l'angoisse, est retournée vivre dans la maison de son père. Arrêtées puis emprisonnées à la Conciergerie, les carmélites sont condamnées à mort. Dans une sorte de transfiguration, Blanche les rejoindra à l’échafaud.
Tableau 1 – La chapelle Le Carmel a été dévasté. Malgré l’opposition de la Prieure, Mère Marie propose à la communauté de prononcer le vœu du martyre. Les religieuses acceptent et offrent leurs vies pour conserver la foi en France. À peine le serment fait, Blanche s’enfuit.
Interlude 1 – Une rue devant le couvent Les religieuses quittent le Carmel. La dispersion de la communauté marque la fin visible de leur vie conventuelle.
Tableau 2 – La bibliothèque du marquis de La Force Blanche est revenue dans la maison familiale. Elle y vit à présent comme servante. Son père a été guillotiné. Mère Marie vient la chercher et l’enjoint à rejoindre ses sœurs. Terrassée par l’angoisse, Blanche refuse.
Tableau 3 – Une cellule à la Conciergerie Les carmélites emprisonnées attendent leur condamnation. Mme Lidoine les réconforte, malgré la peur qui les gagne. En égrenant leurs noms, le geôlier donne lecture de leur acte de condamnation à mort.
Interlude 3 – Une rue du quartier de la Bastille Mère Marie et l’aumônier, tous deux en habit civil, se rencontrent au coin d’une rue. Il lui apprend que ses sœurs sont toutes condamnées. Mère Marie veut les rejoindre. L’aumônier l’en dissuade : c’est elle à présent qui est la gardienne du Carmel. Sa renaissance repose sur sa survie.
Tableau 4 – Place de la Révolution Les religieuses montent une à une à l'échafaud en chantant le Salve Regina. Au moment où Constance s’approche du bourreau, Blanche, comme transfigurée, surgit de la foule et la rejoint, affrontant la mort avec ses sœurs.