Richard Strauss / Anton Bruckner

Le romantisme incandescent

Entre Strauss et Bruckner, cette soirée est placée sous le signe d’un romantisme incandescent.

Dans les Six Lieder, la soprano Clémence Tilquin mêle confidence et élan, portée par un orchestre souple et chaleureux. La Quatrième symphonie de Bruckner s’ouvre à l’appel du cor, déploie ses paysages pastoraux, puis s’embrase dans un final aux dimensions quasi monumentales.

Porté par l’Orchestre de la HEM, véritable orchestre école de haut niveau, et dirigé par Laurent Gay, ce programme fait entendre de jeunes musiciennes et musiciens déjà pleinement inscrit-e-s dans les exigences de la pratique professionnelle.

RICHARD STRAUSS
Six Lieder pour voix et orchestre

ANTON BRUCKNER
Symphonie n°4 en mi bémol majeur, "Romantique"

Direction, Laurent Gay
Soprano, Clémence Tilquin
Orchestre de la HEM

Richard Strauss - programme

Richard Strauss (1864-1949) occupe une place centrale dans l’histoire du Lied orchestral. Compositeur de théâtre et orchestrateur d’exception, il unit la précision de la déclamation à une écriture symphonique d’une grande finesse. Chez lui, la diction reste précise. Le texte demeure lisible. Et l’orchestre ne se contente pas d’accompagner, il commente, respire, amplifie et prolonge l’émotion.

Son art du chant réunit intensité expressive, clarté formelle et sens aigu du timbre. La ligne vocale privilégie la souplesse et la nuance, avec une attention constante au phrasé et à l’articulation du texte. L’orchestre, lui, apporte profondeur harmonique et richesse de textures, comme un second plan narratif. Ce dialogue permanent entre voix et instruments fait la singularité de ses Lieder orchestraux. Il conjugue l’intime et le spectaculaire. Il condense, en quelques minutes, une véritable scène intérieure.

Les Lieder traversent toute la trajectoire de Strauss, des élans de jeunesse aux pages de pleine maturité. Ce programme en propose un portrait nuancé, entre ferveur lyrique, intimité poétique et éclat orchestral. Il met aussi en lumière le rôle de l’orchestration, à travers des versions réalisées par Felix Mottl et Robert Heger, qui ouvrent d’autres perspectives sur la palette de Strauss et la richesse de son orchestration.

Ständchen, op. 17 n°2
Orchestration Felix Mottl, Fa majeur

Ich wollt ein Sträußlein binden, op. 68 n°2
Fa majeur

Freundliche Vision, op. 48 n°1
Ré majeur

Muttertändelei, op. 43 n°2
Sol majeur 

Allerseelen, op. 10 n°8
Orchestration Robert Heger, Mi bémol majeur

Morgen, op. 27 n°4
Sol majeur

Anton Bruckner - programme

Anton Bruckner (1824-1896) occupe une place majeure dans l’histoire de la symphonie romantique. Organiste de formation, compositeur d’une rare exigence, il construit des architectures sonores où le temps semble s’élargir. Sa musique avance par grands paliers, par accumulations et transformations progressives des motifs, jusqu’à des culminations d’une puissance presque chorale.

La Symphonie n°4 en mi bémol majeur, dite « Romantique », est l’une de ses œuvres les plus jouées. Elle est aussi la première de ses symphonies à avoir connu un succès public significatif, lors de sa création à Vienne le 20 février 1881, par le Philharmonique de Vienne sous la direction de Hans Richter. Cette reconnaissance marque un tournant. Elle installe Bruckner dans le paysage symphonique viennois.

Sans suivre un programme narratif strict, l’œuvre suggère un imaginaire. Appels de cors, fanfares de cuivres, grandes respirations des cordes, contrastes de masses et de silences. Tout crée une progression émotionnelle. Bruckner y associe vision poétique et rigueur formelle. Il alterne élans lyriques, paysages sonores et tensions monumentales. La symphonie propose ainsi une expérience de l’écoute qui oscille entre nature rêvée, méditation et grandeur.

Symphonie n°4 en mi bémol majeur dite « Romantique », (WAB 104)
I. Bewegt, nicht zu schnell
II. Andante quasi Allegretto
III. Scherzo. Bewegt Trio. Nicht zu schnell. Keinesfalls schleppend
IV. Finale. Bewegt, doch nicht zu schnell

Laurent Gay, direction

Titulaire de la classe de direction d’orchestre de la Haute école de musique de Genève, Laurent Gay a dirigé un très grand nombre de concerts en Europe, Asie et Amérique du Sud dans un large répertoire.

Il a régulièrement dirigé, entre autres, l’Orchestre de la Suisse Romande, l’Orchestre de chambre de Lausanne, l’Ensemble Contrechamps ou encore l’Orchestre de l’Opéra national de Lyon. Il a également dirigé l’Orchestre de chambre de Genève, l’Orchestre de la Suisse Italienne, le Sinfonietta de Lausanne, l’Orchestre de Bretagne, l’Orchestre des Pays de Savoie, l’Orchestre Régional de Basse-Normandie, l’Orchestre Symphonique d’Aalborg (Danemark), l’Orchestre symphonique de l’État de Bahia (Brésil), l’Orchestre Philharmonique de Deajon (Corée du Sud) ou encore l’Ensemble Orchestral de Genève (directeur artistique de 1986 à 1996) et l’Orchestre du Festival Amadeus (directeur artistique de 1999 à 2004).

Laurent Gay a également dirigé de nombreuses représentations d’opéra, notamment à l’Opéra de Lausanne, l’Opéra national de Lyon ou à l’Opéra royal de Versailles.

Un grand nombre des productions qu’il a dirigées a été diffusé sur plusieurs chaines de radio et télévisions nationales suisses et françaises.
On retrouve également Laurent Gay dans plusieurs productions discographiques, à la tête de l’Orchestre du Festival Amadeus, de l’Ensemble Contrechamps et de l’Orchestre de chambre de Lausanne.

Très engagé dans la défense de la musique contemporaine, il a conduit la création d’une trentaine d’œuvres dont l’opéra de Xavier Dayer Le Marin.

Invité comme membre de jury de plusieurs concours internationaux, Laurent Gay a toujours été intéressé par l’enseignement et toujours impliqué dans ce domaine. Il a donné des masterclass et conduit des ateliers de direction dans plusieurs pays d’Europe, mais également au Brésil dans le cadre du programme NEOJIBA et en Chine au Conservatoire de Shanghai.

Pédagogue reconnu, il consacre désormais une large partie de ses activités à l’enseignement de la direction d’orchestre.

Clémence Tilquin, soprano

Après des études de violoncelle et de chant à la Haute école de musique de Genève avec François Guye et Danielle Borst, couronnées par deux masters soliste avec distinction, Clémence Tilquin commence une double carrière en Europe et au Japon. Lauréate de la prestigieuse Fondation Leenaards, elle décide en 2010 de se consacrer entièrement au chant et se perfectionne à Londres, Oslo, Bruxelles et Milan.

Très vite, les engagements affluent. La jeune soprano fait ses débuts à l’Opéra Royal de Wallonie dans le rôle de Papagena, puis au sein de la troupe du Grand Théâtre de Genève. En 2012, elle interprète Adina dans L’Elisir d’amore de Donizetti en Autriche, chante dans La Fille de Madame Angot à Liège, et incarne la Princesse dans L’Enfant et les sortilèges de Ravel au Festival d’Aix-en-Provence. Elle interprète Poppea dans L’Incoronazione di Poppea de Monteverdi avec Leonardo García Alarcón, Drusilla dans L’Incoronazione di Poppea de Monteverdi et Elettra dans Idomeneo de Mozart à l’Opéra de Montpellier, puis Elvira dans L’Italiana in Algeri de Rossini, Gabrielle dans La Vie parisienne d’Offenbach, Frasquita dans Carmen de Bizet à l’Opéra d’Avignon, Brigitte dans La Grande-Duchesse de Gérolstein d’Offenbach à l’Opéra de Nancy, Lucinde dans Cinq-Mars de Gounod au Grand Théâtre de Genève, ainsi que Lauretta dans Gianni Schicchi de Puccini, Fiordiligi dans Così fan tutte de Mozart, Fannì dans La Cambiale di matrimonio de Rossini et Alcina dans Orlando furioso de Vivaldi au Théâtre des Champs Élysées.

En concert, Clémence Tilquin chante le Requiem de Neukomm avec Jean-Claude Malgoire, Pierrot lunaire de Schönberg et des œuvres de Dallapiccola au Muziekgebouw d’Amsterdam, puis Stravinsky avec l’Ensemble intercontemporain à Paris. Elle interprète Elias de Mendelssohn et le Stabat Mater de Rossini avec l’Orchestre de Chambre de Lausanne, Anakrôn de Sturzenegger, ainsi que des œuvres de Gounod au Palazzetto Bru Zane de Venise. Elle chante la Comtesse dans Les Noces de Figaro de Mozart à l’Opéra Royal de Versailles, Ascanio dans Ascanio de Saint-Saëns au Grand Théâtre de Genève (disque), et Proserpine de Saint-Saëns avec le Bayerischer Rundfunk de Munich.

Elle se produit notamment sous la baguette de John Nelson, James Loughran, Wolfgang Rihm, Jean-Claude Malgoire, Emmanuel Krivine, Michail Jurowski, Gábor Takács, notamment pour Cendrillon de Frank Martin (disque).

En 2019, elle incarne Vitellia dans La Clémence de Titus de Mozart, Bérénice dans L’Occasione fa il ladro de Rossini au Théâtre des Champs Élysées. À venir, elle chantera sous la direction de François-Xavier Roth pour un concert Mozart, les Quatre derniers Lieder de Strauss, le rôle de Fannì dans une œuvre de Rossini, ainsi que Le Christ au mont des Oliviers de Beethoven à Montréal.


En savoir plus sur Clémence Tilquin 

Production

Soprano | Clémence Tilquin

Flûte | Clément Husson, Cristóbal Limón Pérez, Néhémie Manca
Hautbois | Yuliia Drach, Özgür Gözler, Liske Herbots
Clarinette | Nelly Beaumier, Aude Lartisien, Amandine Malaboeuf
Basson | Mariano Bocini, Anthony Corrêa Macêdo
Cor | Marc Gruber*, Tristan Boissac, Paul Crozet, Eloïse Hostiou, Valentin Raimond
Trompette | Noé Bezençon, Enzo Davoli, Simon Lasserre, Charlotte Nubel
Trombone | Massimiliano Cabras, Vincent Ernst, Raphaël Favre
Tuba | Javier Rubio Monléon
Percussions | Valentin Ardaillon, Paul Berny
Harpe | Lorelei Coker, Berfin Saysel
Violon I | Nicolas Gourbeix*, Sherzod Abdiev, Chihiro Anai, Lara Favre, Tzu Huang, Carole Lucas, Capucine Mazotta, Eros Padrón, Thomas Pastor, Elise Persiaux, Anna Rossier, Mark Shoifer Bruk, Maksym Synytskyi, Yuna Tilkens-Guérin, Huiduo Xu
Violon II | Cécile Blanc, Ada Aebi, Sacha Boulanger, Davide Hyun Jun Conte, Julia Descamps, Cíara Eliott, Violette Karoui, Vangelis Lopes, Yuangcheng Luo, Maeli Océane Palayer, Mathilde Reymond, Antonin Richy, Garance Vialatte, Mykhailo Zinchenko
Alto | Gatien Leray, Agathe Blin, Issaca Colandrea, Ana La Salete Ferreira Vaz, Onitsha Gautier, Diogo Lopes, Elvira Martinez, Syméon Newell, Rita Ribeiro Fernandes, Léa Sturzenegger, Mateus Aziel Barboza De Melo Teixeira, Elisa Trudel, Fabiana Vaz
Violoncelle | Hilmar Schweizer°, Era Chantzari, Louis Fernandez-Lambert, Aude Galvani, Audrey Heimendinger, Elisa Isnard, Lia Keller, Anna Sabanina, Célia Véricel-Guyot, Clémentine Veyssière
Contrebasses | Nicola Carrara, Alba Cantuern, Thomas Constantin, Jorge Alberto López Pérez, Sarah Nvendo-Ferrier, Serafim Pakhomov, Natacha Stumpe, Jasmine Zozimo Pio


* professionnels externes
°  professeur de la HEM