Concours Mahler

Finale

Les duos finalistes du Concours Mahler 2026 

10:30 | Mireia Lallart / Pierre Hitier 
11:30 | Lauriane Paillet / Leonor Mendes 
12:30 | Sofie Garcia / Paul Vacellier
Pause
15:00 | Romain Favre / Jennifer Legrand 
16:00 | Laurène Paterno / Vladyslava Udod
17:00 | Roxane Macaudière / Florestan Bourreau
18:00 | Juliette Amelot / Valentin Boquillon


La Société Gustav Mahler de Genève et la Haute école de musique de Genève (HEM) présentent la finale du Concours Mahler 2026 à Genève, un événement consacré au Lied allemand et à l’univers musical de Gustav Mahler.

À l’issue du premier tour, sept duos voix-piano issus des Hautes écoles de musique de Genève et de Lausanne ont été sélectionnés pour cette finale. Chaque duo propose un récital autour des œuvres de Gustav Mahler et de compositeurs proches de son esthétique.

Cette finale du Concours Mahler à Genève offre au public une immersion dans le répertoire du Lied allemand et permet de découvrir une nouvelle génération d’interprètes du chant et du piano. Les jeunes musiciennes et musiciens y déploient une forte sensibilité musicale et une véritable cohésion artistique.

Un jury international décernera le Prix Mahler au duo ayant fait preuve de l’excellence musicale, instrumentale et artistique la plus remarquable.

Duo Mireia Lallart / Pierre Hitier

Note d'intention

Lors de notre recherche pour établir notre programme, nous nous sommes plongés dans l’univers à la fois sombre et brillant des poèmes ayant inspiré ces Lieder.  C’est ainsi qu’un ouvrage a resurgi de notre mémoire, La guerre n’a pas un visage de femme de Svetlana Aleksievitch. Ce livre nous a inspirés et permis d’appréhender la guerre du point de vue féminin en tant que question centrale, que ce soit par le sujet des lieder choisis ou le contexte politique que les compositeurs ont traversé lors de leur création. 

À travers ce programme, de Wo die Schönen Trompeten Blasen de Gustav Mahler, décrivant la guerre comme héroïque à travers les yeux de la Femme, jusqu’à Suleika I de Franz Schubert et Monolog der Stella d’Ernst Krenek, inspirés par Goethe, en passant par Fünf Liebeslieder de Viktor Ullmann composés pendant sa déportation à Terezín sur des poèmes de Ricarda Huch, poétesse germanique qui se rebella fermement contre le régime nazi, nous redonnons à ces femmes libres et fortes la place qu’elles méritent.


In our research to shape this program, we immersed ourselves in the dark yet luminous world of the poems that inspired these Lieder. In doing so, a book resurfaced in our memory: War’s Unwomanly Face by Svetlana Alexievich. This work inspired us and enabled us to approach war from a female perspective as a central question—both through the themes of the selected Lieder and through the political context experienced by the composers at the time of their creation.

Through this program, from Wo die schönen Trompeten blasen by Gustav Mahler, which portrays war as heroic through the eyes of a woman, to Suleika I by Franz Schubert and Monolog der Stella by Ernst Krenek—both inspired by Goethe—and including Fünf Liebeslieder by Viktor Ullmann, composed during his deportation to Terezín to poems by Ricarda Huch, a German-speaking poet who firmly rebelled against the Nazi regime, we seek to restore to these free and strong women the place they deserve.

Programme

Viktor Ullmann 
Fünf Liebeslieder op. 26
Wo hast du all die Schönheit hergenommen…
Am Klavier
Sturmlied
Wenn je ein Schönes mir zu bilden glückte…
O schöne Hand

Gustav Mahler
Des Knaben Wunderhorn

Wo die schönen Trompeten blasen
Lob des hohen Verstandes

Franz Schubert
D. 720

Suleika I

Franz Schubert
D. 776

Du bist die Ruh

Gustav Mahler
Des Knaben Wunderhorn
Rheinlegendchen

Gustav Mahler
Rückert-Lieder
Liebst du um Schönheit
Ich atmet’ einen linden Duft

Ernst Krenek
Konzertarie op. 57
Monolog des Stella

Mireia Lallart – Soprano

Mireia Lallart est une soprano franco-espagnole de 24 ans, passionnée par l’exploration des répertoires anciens et contemporains. Elle a récemment commencé le Master Concert à la Haute école de musique de Genève, dans la classe de Clémence Tilquin. Au sein de l’institution, elle participe à de nombreux projets artistiques et interprète des rôles tels que Blanche de La Force (Dialogues des Carmélites de Poulenc). Son intérêt marqué pour le chœur d’opéra l’a également amenée à s’engager comme volontaire auprès de la Compagnie À Trois Temps à Genève, notamment dans l’opérette Un bon garçon. Parallèlement à son parcours lyrique, Mireia Lallart nourrit une passion particulière pour la musique de chambre. Elle est membre du trio MELS, forme un duo avec la pianiste Elena Font, et collabore plus récemment avec le pianiste Pierre Hitier au sein du duo Lys. Ce dernier a remporté le deuxième prix du Concours Mélodie 2025 de la Haute école de musique de Genève.

 

Pierre Hitier – Piano

Issu d’une famille de musiciens, Pierre Hitier, pianiste de 26 ans, développe très tôt une relation naturelle et engagée à la musique, nourrie par une pratique instrumentale variée et une curiosité constante pour les répertoires. Avant de se consacrer pleinement au piano, il pratique le violon et le saxophone, expériences fondatrices qui enrichissent durablement son écoute, son sens de la ligne et son approche chambriste. Aujourd’hui étudiant à la Haute école de musique de Genève dans la classe de Sylviane Deferne, il s’oriente avec une attention particulière vers la musique vocale et l’art du lied, qu’il aborde comme un espace de dialogue étroit entre le texte, la voix et le piano. Sensible à la respiration, à la prosodie et à la couleur sonore, il cherche un accompagnement précis et attentif au service du chanteur. Son parcours est marqué par l’enseignement et les conseils de Frédéric Aguessy, Nicolas Mallarte, Jean-Baptiste Fonlupt et Serge Cyferstein. En 2025, il remporte le second prix du Concours Mélodie de la Haute école de musique de Genève au sein du duo Lys.

Duo Lauriane Paillet / Leonor Mendes

Note d'intention

Notre programme s’articule autour d’une idée centrale, devenue le fil conducteur de notre démarche : le contraste. À travers des œuvres aux langages et aux univers très variés, nous avons cherché à déployer une palette d’émotions aussi large que possible, en faisant dialoguer des esthétiques et des écritures profondément différentes.

Ce programme oscille entre contemplation suspendue, où la nature reflète une intériorité apaisée, et univers instables au langage plus onirique. S’y mêlent des instants de naïveté d’inspiration populaire et des expressions plus sombres, marquées par la lucidité du deuil. La figure de Mignon incarne enfin une fragilité traversée par la nostalgie et l’aspiration à un ailleurs.

Entre ancrage dans le réel et échappées oniriques, la nature, le souvenir et l’imaginaire deviennent autant de miroirs de l’intériorité. Ainsi, nous avons conçu ce programme comme un cheminement sensible, structuré par des contrastes marqués mais complémentaires, afin de proposer à l’auditeur une expérience à la fois riche, nuancée et profondément humaine.


Our programme is structured around a central idea that has become the guiding thread of our approach: contrast. Through works with highly varied languages and worlds, we sought to unfold the widest possible palette of emotions, bringing into dialogue aesthetics and forms of musical writing that are profoundly different.

The programme oscillates between moments of suspended contemplation, in which nature reflects a sense of inner calm, and more unstable worlds shaped by a dreamlike language. It brings together instances of naïveté inspired by popular traditions with darker expressions marked by the clear-eyed awareness of mourning. Finally, the figure of Mignon embodies a fragile sensibility infused with nostalgia and a longing for elsewhere.

Between an anchoring in reality and oniric escapades, nature, memory, and imagination become mirrors of inner life. In this way, we have conceived the programme as a sensitive journey, structured by contrasts that are strong yet complementary, offering the listener an experience that is rich, nuanced, and deeply human.

Programme

Franz Schubert
D. 672
Nachtstück 

Alban Berg
Opus 2
Schlafen, schlafen
Schlafend trägt man mich in mein Heimatland
Nun ich der Riesen Stärksten überwand
Warm die Lüfte

Gustav Mahler
Des Knaben Wunderhorn 
Lob des hohen Verstandes 

Hugo Wolf
Goethe Lieder 
Mignon II, Nur wer die Sehnsucht kennt 
Mignon, Kennst du das Land ?

Alexander Von Zemlinsky
Turmwächterlied und andere Gesänge, Op.8 
Und hat der Tag all seine Qual

Gustav Mahler
Kindertotenlieder
Nun will die Sonn’ so hell aufgehn
Nun seh’ ich wohl, warum so dunkle Flammen

Franz Schubert
D. 746
Am See

Gustav Mahler
Des Knaben Wunderhorn
Wer hat dies Liedlein erdacht?

 

Lauriane Paillet - Mezzo-soprano

Lauriane Paillet commence son parcours musical en Normandie où elle étudiera chant choral, flûte traversière, trompette, guitare et piano. Suite à l’obtention de licences en psychologie et en sciences de l’éducation, elle se consacre exclusivement à la musique et entre en 2021 dans la classe de Sébastien Obrecht au conservatoire de Cergy-Pontoise. Titulaire d’un Diplôme d’Etudes Musicale, Lauriane intègre en septembre 2023 la Haute École de Musique de Lausanne en classe de chant lyrique, où elle étudie auprès de Brigitte Balleys puis de Jeanne-Michèle Charbonnet. 

En Suisse, elle chante depuis 2024 dans le chœur de l’Opéra de Lausanne et rejoint dès la saison 2025-2026 l’Ensemble Gli Angeli Genève dirigé par Stephan Macleod.
Sur scène, Lauriane Paillet interprète les rôles de Speranza dans l’Orfeo de Monteverdi (Opéra de Rennes, 2020), Dido dans Dido et Æneas de Purcell (Festival d’Auvers sur Oise, 2023), Isaure dans Barbe-Bleue d’Offenbach (Opéra de Lausanne, 2025) et prochainement le rôle de Flora Bervoix dans La Traviata de Verdi (Ouverture Opéra, 2026), ou encore les parties d’alto solo dans le Gloria de Vivaldi, le Requiem de Mozart ou Le Roi David de Honegger.

 

 

Leonor Mendes - Piano

Leonor Mendes, jeune pianiste portugaise, a commencé son parcours musical à l’âge de six ans à l’Académie de Musique et de Danse de Fundão avec la professeure Tamara Antontseva.

Elle a poursuivi ses études à Aveiro avec le professeur Álvaro Teixeira Lopes, puis à Paris, à la prestigieuse École Normale de Musique de Paris, auprès des professeurs Guigla Katsarava et Michael Wladkowski, où elle a obtenu en 2023 l’Artist Diploma avec la mention « Très Bien ».

Entre 2022 et 2024, elle a étudié à Genève à la Haute École de Musique de Genève avec la professeure Sylviane Deferne, où elle a terminé son master de concert (performance) avec la note maximale. Depuis septembre 2025, elle poursuit un master spécialisé en accompagnement à la Haute École de Musique de Lausanne, dans la classe de Silvia Fraser et Todd Camburn.

La pianiste portugaise mène une activité régulière en tant que pianiste collaboratrice et en musique de chambre, se produisant régulièrement en France et en Suisse.

 

Duo Sofie Garcia / Paul Vacellier

Note d'intention

Traverser la nuit

Rien ne nous rend si grands qu’une grande douleur.
Mais, pour en être atteint, ne crois pas, ô poète,
Que ta voix ici-bas doive rester muette.
Les plus désespérés sont les chants les plus beaux,
Et j’en sais d’immortels qui sont de purs sanglots.

La nuit de Mai de Musset, à l’instar de la vie de Mahler,

raconte comme la souffrance devient création.

Hindemith, tel un prologue, initie l’angoisse nocturne menant à un cheminement en trois temps.

D’abord Mahler et Schubert figurent manque et tourment, tandis que Webern et Zemlinsky invitent à une première distanciation par la contemplation et le sommeil.

Puis Ullmann, Reger, Karg-Elert, Wolf, Marx et Schönberg poursuivent cette recherche à travers illusion, désir éconduit, séduction et dénonciation.

Enfin Berg, Krenek, Pfitzner, Schreker, Zemlinsky, Alma et Gustav dépeignent l’amour comme force totale qui mène à la transcendance.

La voix de chacun des compositeurs imposés explore, du romantisme à la modernité, la pluralité des sentiments traversés.

 

Crossing the Night

Nothing makes us so great as great pain.
Yet, to be struck by it, do not believe, O poet,
That your voice here below must remain silent.
The most despairing songs are the most beautiful,
And I know some that are immortal, made of pure sobs.

La Nuit de Mai by Musset, like Mahler’s life, tells how suffering becomes creation.

Hindemith, as a prologue, initiates the nocturnal anguish that leads to a journey in three stages.

First, Mahler and Schubert give voice to absence and torment, while Webern and Zemlinsky invite an initial distancing through contemplation and sleep.

Then Ullmann, Reger, Karg-Elert, Wolf, Marx, and Schoenberg continue this exploration through illusion, unfulfilled desire, seduction, and denunciation.

Finally, Berg, Krenek, Pfitzner, Schreker, Zemlinsky, Alma, and Gustav portray love as a total force leading to transcendence.

The voice of each of the selected composers explores, from Romanticism to Modernity, the plurality of emotions experienced.

Programme

Paul Hindemith
O Grille, sing

Gustav Mahler
Des Knaben Wunderhorn

Das irdische Leben

Franz Schubert
D. 564
Gretchen im Zwinger

Gustav Mahler
Lieder eines fahrenden Gesellen
Ich hab ein glühend Messer

Anton Webern
Fünf Lieder
Am Ufer

Alexander Zemlinsky
Gesänge, op. 5
Schlaf nur ein

Viktor Ullmann
Geistliche Lieder, op. 20
Um Mitternacht, im Schlafe schon

Max Reger
Schlichte Weisen, op. 76
Der verliebte Jäger

Gustav Mahler
Des Knaben Wunderhorn
Verlor’ne Müh

Sigfrid Karg-Elert
Zehn Epigramme von Lessing, op. 56
Aus dem Spanischen

Hugo Wolf
Goethe-Lieder
Die Spröde

Joseph Marx
Lieder und Gesänge
Die Elfe

Arnold Schoenberg
Das Buch der hängenden Gärten, op. 15
Sprich nicht immer

Max Reger
Achtzehn Gesänge, op. 75
Böses Weib

Alban Berg
Jugendlieder
Vielgeliebte schöne Frau

Ernst Krenek
Fünf Lieder nach Franz Kafka, op. 82
Du kannst dich zurückhalten

Hans Pfitzner
Alte Weisen, op. 33
Ich fürcht’ nit Gespenster

Franz Schreker
Liebeslieder
Überwunden

Franz Schreker
Jugendlieder
Lied der Fiorina

Alexander Zemlinsky
Gesänge, op. 5
Tiefe Sehnsucht

Gustav Mahler
Lieder und Gesänge aus der Jugendzeit
Ablösung im Sommer

Alma Mahler
Fünf Lieder
Ich wandle unter Blumen

Gustav Mahler
Des Knaben Wunderhorn
Es sungen drei Engel einen süßen Gesang

Sofie Garcia – Soprano

Lauréate des prix Tsvétana Marthaler 2023, Paul André Ramseyer (2025), Tremplin Leenaards (2025) ; finaliste des concours : Symphonies d’automne 2023, Mahler 2024, Mélodies 2025 et boursière du Cercle Romand Richard Wagner pour le Festival de Bayreuth 2024, Sofie a terminé en juin 2025 son Master d’interprétation à la Haute École de Musique de Genève dans la classe de Clémence Tilquin, après un Master de pédagogie.

Passionnée par la voix sous toutes ses formes, elle explore un large répertoire, de Boismortier à Debussy et Menotti. Elle a récemment coécrit et interprété un spectacle autour du Téléphone de Menotti, présenté notamment dans l’émission Mention très Bien de la RTS. Cofondatrice du septuor vocal Vagabondes, elle collabore régulièrement avec de nombreux ensembles vocaux et lyriques.

On a pu l’entendre récemment en soliste avec Cappella Mediterranea à Namur, Utrecht et La Chaise-Dieu, ainsi qu’à la Cité Bleue, à l’Opéra de Nancy et au Grand Théâtre de Genève. Elle a incarné Manuela dans La Sorcière d’Erlanger au Victoria Hall, été invitée à l’Opéra de Tenerife, et a tenu le rôle-titre d’Erismena de Cavalli à la Cité Bleue sous la direction de Leonardo García Alarcón.

Paul Vacellier – Piano

Pianiste français, Paul Vacellier débute sa formation à Bordeaux, où il obtient son DEM, puis poursuit ses études à Boulogne-Billancourt auprès de Nicolas Mallarte. Il obtient ensuite un Master de piano concertiste au Conservatoire Royal de Bruxelles dans la classe de Johan Schmidt, après un échange Erasmus à la Hochschule für Musik und Theater de Hambourg auprès de Johanna Wiedenbach. Il est diplômé d’un Master d’accompagnement et de direction de chant à la Haute École de Musique de Genève, dans la classe de Nina Uhari.

Lauréat à plusieurs reprises du concours international PianoOpen à Bordeaux, il y remporte notamment un premier prix à l’unanimité et un prix du public. Il reçoit également un prix spécial pour son interprétation de George Crumb au concours international de piano d’Île-de-France à Maisons-Laffitte. Plus récemment, il est finaliste avec Sofie Garcia de deux concours chant-piano à Genève : le Concours Mahler édition 2024 et le concours Mélodies en 2025.
Musicien polyvalent, il cofonde le festival La Foule et partage son activité entre accompagnement vocal, musique de chambre et scène. Il se produit régulièrement en France, en Belgique et en Allemagne, et collabore avec de jeunes chanteurs et ensembles lyriques.

 

Duo Romain Favre / Jennifer Legrand

Note d'intention

À travers des œuvres de Mahler, Wolf et Schubert, ce programme dessine le parcours initiatique dune jeune âme, non pas comme une ascension vers lidéal amoureux, mais comme un voyage à rebours des attentes. D’abord animé par l’amour mûr dans les premiers Rückert-Lieder, le personnage « part à la guerre » et explore le monde tel un jeune adulte. Il découvre ainsi sa cruauté — celle que livresse amoureuse avait voilée.

Les désillusions saccumulent. La mort, quand elle survient, nest pas une chute, mais une métamorphose : Ich bin der Welt abhanden gekommen. Le jeune soldat tombé renaît en enfant, non par défaite, mais par grâce. Le monde prosaïque sefface ; reste Orplid (dans Gesang Weyla’s), royaume imaginaire où la poésie et la naïveté deviennent refuge ultime.

Ainsi, ce récit musical trace la boucle dune existence : du romantisme réfléchi des débuts à la pureté retrouvée dun monde onirique, où ladulte, désenchanté, redevient enfant.
 

Through works by Mahler, Wolf, and Schubert, this programme outlines the initiatory journey of a young soul—not as an ascent toward an ideal of love, but as a journey against expectations. Initially driven by mature love in the early Rückert-Lieder, the character “goes to war” and explores the world like a young adult. In doing so, he discovers its cruelty—the very cruelty that the intoxication of love had previously concealed.

Disillusionments accumulate. When death arrives, it is not a fall but a metamorphosis: Ich bin der Welt abhanden gekommen. The fallen young soldier is reborn as a child, not through defeat but through grace. The prosaic world fades away; what remains is Orplid (in Gesang Weyla’s), an imaginary realm where poetry and naïveté become the ultimate refuge.

Thus, this musical narrative traces the arc of existence: from the reflective Romanticism of its beginnings to the rediscovered purity of a dreamlike world, where the disenchanted adult becomes a child once more.

Programme

Gustav Mahler
Rückert-Lieder
Ich atmet’ einen linden Duft
Liebst du um Schönheit
Blicke mir nicht in die Lieder

Gustav Mahler
Des Knaben Wunderhorn
Wo die schönen Trompeten blasen

Franz Schubert
Schwanengesang, D. 957
Liebesbotschaft

Hugo Wolf
Mörike-Lieder
Lied vom Winde

Franz Schubert
Schwanengesang, D. 957
Aufenthalt

Hugo Wolf
Mörike-Lieder
Um Mitternacht

Franz Schubert
Schwanengesang, D. 957
Der Doppelgänger

Gustav Mahler
Des Knaben Wunderhorn
Der Tamboursg’sell

Gustav Mahler
Rückert-Lieder
Ich bin der Welt abhanden gekommen

Hugo Wolf
Mörike-Lieder
Gesang Weyla’s

 

Romain Favre - Baryton-basse

Baryton-basse né à Lausanne, Romain Favre obtient en 2023 son Master de chant lyrique à la Haute École de Musique de Lausanne dans la classe de Brigitte Balleys, après avoir obtenu un Bachelor de violon dans la même école. Au cours de sa formation, il reçoit également les conseils de Véronique Gens, Sandrine Piau et Edwin Crossley-Mercer. Il se perfectionne actuellement auprès de Stephan MacLeod à la HEM de Genève.

Avec l’Opéra de Lausanne, l’Ensemble Vocal de Lausanne, Gli Angeli Genève et la Zürcher Sing-Akademie, il travaille avec des chefs de renom tels que Leonardo García Alarcón, René Jacobs, Daniel Reuss ou Christoph Rousset.

Il a été soliste dans Pinocchio à l’Opéra de Lausanne, Il Barbiere di Siviglia et Faust à l’Opéra du Rhône, King Arthur de Purcell, et Paulus de Mendelssohn avec Gli Angeli Genève. Il chante aussi à de nombreuses reprises en tant que soliste dans du répertoire sacré et d’oratorio, avec des ensembles locaux.
Romain Favre se produit régulièrement en récital sur des répertoires classiques, romantiques et contemporains. Il chante d’ailleurs son premier Winterreise en 2025.
En 2024, il est lauréat du prix suisse au Concours Kattenburg.

Jennifer Legrand - Piano

Née en 1998, Jennifer Legrand commence le Piano à l’âge de six ans dans la classe d’Yva Fenouil au Conservatoire de Nice. Elle poursuit son cursus chez Stephanos Thomopoulos avec qui elle obtient son diplôme d’études musicales Mention très bien à l’unanimité.

En 2019, elle est admise au conservatoire de Saint-Maur-des-Fossés dans la classe de Christophe Bukudjian en perfectionnement. Elle a aussi bénéficié des enseignements de plusieurs personnalités du monde musical dont Marie-Josèphe Jude, Laurent Cabasso et Hortense Cartier-Bresson.

Elle est reçue par la suite à la Haute école de musique de Genève dans la classe de Cédric Pescia en 2019 avec qui elle continue toujours sa formation et obtient son Bachelor puis son Master Concert avec les meilleures distinctions.

Lauréate du concours international de Nice dans plusieurs catégories avec notamment un 1er prix dans la section « Grand prix » en 2024, cela lui permet de se produire la même année avec l’orchestre de l’Opéra de Nice.

En tant que soliste, elle s’est produite en récital en France et en Europe : Nice, Paris, Genève, Luxembourg.

Duo Laurène Paterno / Vladyslava Udod

Note d'intention

Hoffnung

« Es siegt, wer dauert in Ewigkeit »

Ce programme trace le chemin d’une quête intérieure, entre rêve, amour et perte. De la nuit contemplative de Franz Schubert aux élans plus troublés d’Alexander von Zemlinsky et de Joseph Marx, jusqu’aux visions contrastées de Gustav Mahler, se déploie une lutte constante pour atteindre une forme de stabilité.

L’amour y apparaît, fragile et secret, avant de se heurter à l’absence et à la mort. Mais au cœur de cette traversée demeure une tension vers l’espoir : persister, croire en la rencontre. Cette foi trouve son accomplissement dans Wo die schönen Trompeten blasen, où les amants se retrouvent enfin, dans un espace ambigu, suspendu entre vie et au-delà.

Déjà évoqué au début du parcours (Ich ging mit Lust durch einen grünen Wald), le chant du rossignol réapparaît, comme un fil invisible reliant les instants - une mémoire vivante de l’amour. Ainsi s’accomplit l’élan du programme : « Celui qui persiste dans l’éternité, l’emporte. ».


Hoffnung

« Es siegt, wer dauert in Ewigkeit »

“He who persists in eternity prevails.”

This programme traces the path of an inner quest, poised between dream, love, and loss. From the contemplative nightscapes of Franz Schubert to the more troubled impulses of Alexander von Zemlinsky and Joseph Marx, and onward to the contrasted visions of Gustav Mahler, a constant struggle unfolds in search of a form of stability.

Love first appears fragile and secret, before colliding with absence and death. Yet at the heart of this journey remains a tension toward hope: to persist, to believe in reunion. This faith finds its fulfillment in Wo die schönen Trompeten blasen, where the lovers are finally reunited in an ambiguous space, suspended between life and the beyond.

Already evoked at the beginning of the journey (Ich ging mit Lust durch einen grünen Wald), the song of the nightingale returns like an invisible thread linking these moments—a living memory of love. In this way, the programme’s momentum reaches its conclusion: “He who persists in eternity, prevails.”

Programme

Franz Schubert
D. 827
Nacht und Träume

Alexander Von Zemlinsky
Walzer-Gesänge, op. 6
Liebe Schwalbe
Blaues Sternlein

Joseph Marx
Hat dich die Liebe berührt

Franz Schubert
D. 764
Der Musensohn

Gustav Mahler
Lieder und Gesänge aus der Jugendzeit
Ich ging mit Lust durch einen grünen Wald

Alexander Von Zemlinsky
Walzer-Gesänge, op. 6
Klagen ist der Mond gekommen

Joseph Marx
Nachtgebet

Alexander Von Zemlinsky
Walzer-Gesänge, op. 6
Fensterlein, nachts bist du zu

Gustav Mahler
Lieder und Gesänge aus der Jugendzeit
Phantasie (aus Don Juan)
Erinnerung
Scheiden und Meiden

Alexander Von Zemlinsky
Walzer-Gesänge, op. 6
Ich geh’ des Nachts

Franz Schubert
D. 118
Gretchen am Spinnrade

Laurène Paternò – Soprano

Née en France d’une famille sicilienne, Laurène Paternò débute spontanément le chant, enfant. Diplômée de l’HEMu de Lausanne (Bachelor et Master de Soliste), elle fait ses débuts en Asie aux côtés de l’Opéra de Lausanne. Aujourd’hui invitée de nombreuses grandes scènes lyriques, on a notamment pu l’entendre dans L’Elixir d’amour au Festival de Glyndebourne et à l’Opéra de Lausanne ; Le Couronnement de Poppée à l’Opéra de Toulon ; Così fan tutte, Une Cenerentola et Der Rosenkavalier au Théâtre des Champs-Élysées. Elle débute en Juliette dans l’opéra de Gounod sur cette même scène ainsi qu’à Massy et Reims en 2026 (production jeune public). 

Ses autres projets comprennent plusieurs concerts avec la Cappella Mediterranea ainsi que la tournée des Indes galantes à Bordeaux, au Grange Festival, à la Scala de Milan et à l’Opéra de São Paulo en 2025. Artiste éclectique et pleine de tempérament, elle a créé Odyssée Onirique, son spectacle, et réalisé son album, Incitation au voyage
Elle remporte le 1er prix du concours Kattenburg en 2019. 

Très attachée à la transmission également, elle intègre le Master de pédagogie de la HEM de Genève en 2025, dans la classe de Heidi Brunner.

Vladyslava Udod – Piano

Vladyslava Udod est une pianiste ukrainienne. Elle a obtenu un bachelor à l’Académie de musique Paderewski de Poznań (Pologne) et a étudié, dans le cadre du programme Erasmus+, à la Hochschule für Musik und Theater de Munich (Allemagne). Elle a ensuite achevé un master à l’Académie de musique Karol Szymanowski de Katowice (Pologne), tout en se spécialisant en coaching d’opéra et en accompagnement vocal.

Entre 2022 et 2024, elle a poursuivi ses études à la Haute école des arts de Berne (Suisse) et a travaillé comme pianiste accompagnatrice auprès de Tanja Ariane Baumgartner. Elle a participé à plusieurs projets d’opéra, dont Carmen de Bizet et Così fan tutte de Mozart.

Durant l’année académique 2024–2025, elle a entamé des études à la Haute école de musique de Genève (Suisse) – accompagnement, option cheffe de chant. En 2024–2025, elle a été pianiste accompagnatrice dans le cadre du projet d’opéra Hänsel et Gretel d’Engelbert Humperdinck, puis en juin 2025 à l’Académie d’opéra d’été de Saluzzo (Italie) dans Le nozze di Figaro de Mozart. Depuis août 2025, elle enseigne au Conservatoire de musique de Zurich.

Duo Roxane Macaudière / Florestan Bourreau

Note d'intention

Der Weg der junge Nonne

Voilà huit mois que nous avons eu le bonheur de découvrir l'univers du Lied et aujourd'hui nous sommes heureux de partager avec vous notre récital Der Weg der junge Nonne, inspiré du Lied Die junge Nonne de Schubert. 

En préparant notre demi-finale du concours, nous avons eu un grand coup de cœur pour cette œuvre et pour son personnage principal. Au premier abord, nous avons imaginé que cette jeune femme tourmentée avait trouvé réconfort et réponse dans le fait d'entrer dans les ordres religieux. Mais après un travail aux côtés d'Andreas Schmidt, Roger Vignoles et nos professeurs, nous en avons fait une autre lecture qui nous a profondément émus et que nous avons décidé de conserver. 

Après une vie de passion et de tourments amoureux, c'est en fait la mort que cette jeune femme très croyante aurait choisie, pour ne plus souffrir, et être enfin sauvée, par son unique et éternel amour, Dieu. Selon nous, l’Alleluja final exprimerait un sentiment de libération juste avant de se donner la mort.   

Bouleversés par le récit de cette jeune femme, nous avons eu envie de proposer un hommage à sa vie, et plus précisément sa vie amoureuse, sa sensibilité et sa fragilité intérieure. Nous avons imaginé cette vie poétiquement et musicalement à travers les œuvres de Gustav Mahler, Alma Mahler, Hugo Wolf et Ernst Krenek. 

Ainsi, nous avons sélectionné des Lieder de Gustav Mahler, extraits des cycles Des Knaben Wunderhorn, Lieder und Gesänge aus der Jugenzeit, qui évoquent différentes tranches de vie et états amoureux, tantôt avec légèreté enfantine comme dans Hans und Grete, tantôt avec passion romantique comme dans Erinnerung. Désireux de déposer des mots et de la musique sur ce qui a certainement été la source de cette tempête intérieure décrite dans Die junge Nonne de Schubert, nous avons imaginé des moments marquants dans la vie amoureuse de cette femme, comme dans « Bedeckt mich mit Blumen » extrait des Spanisches Liederbuch de Hugo Wolf, qui met en lumière un débordement intérieur de sensualité et d'amour. Le Lied de Alma Mahler In meines Vaters Garten vient nourrir quant à lui cet état sensuel et une certaine mélancolie. 

Mais le destin de cette jeune femme est tragique, et sa souffrance intérieure finit par l'emporter sur toutes ses amours vécues. Aussi, nous avons choisi de symboliser cet appel de la mort avec la musique de Ernst Krenek et les textes de Emil Barth. Le cycle Wechselrahmen, qui signifie "Changement de cadres", nous a particulièrement parlé par tout son aspect symbolique et psychanalytique. Il touche à un monde parallèle dans lequel six Lieder traitent tour à tour de voix dans la nuit, d'esprits, de fantômes, d'ombres, de l'Amour, des grandes décisions de la vie, de la mort, de murs transparents de l’esprit, etc.  

Quand nous traversons ce cycle, nous nous sentons dans un autre espace-temps, comme entre la vie et la mort. C'est ce qui nous a donné envie de le placer comme fil rouge dans notre récital afin de mettre des sons et des mots sur ces pensées sombres qui ont attiré peu à peu cette jeune femme vers sa propre mort. 

Nous vous remercions beaucoup de nous avoir lus, et vous souhaitons un très bon voyage en poésie et en musique. 

 

Der Weg der junge Nonne

It has now been eight months since we had the joy of discovering the world of Lied, and today we are pleased to share with you our recital Der Weg der jungen Nonne, inspired by Schubert’s Lied Die junge Nonne.

While preparing our semi-final for the competition, we experienced a profound connection with this work and its central character. At first, we imagined that this tormented young woman found comfort and answers in entering religious orders. However, through our work alongside Andreas Schmidt, Roger Vignoles, and our professors, we arrived at a different interpretation—one that deeply moved us and that we decided to embrace.

After a life filled with passion and romantic turmoil, we believe it is in fact death that this deeply devout young woman chooses, as a means of no longer suffering and of being finally saved by her one eternal love: God. In our reading, the final Alleluia expresses a feeling of liberation just before she gives herself over to death.

Moved by the story of this young woman, we wished to offer an homage to her life—more specifically, to her emotional life, her sensitivity, and her inner fragility. We imagined this life both poetically and musically through works by Gustav Mahler, Alma Mahler, Hugo Wolf, and Ernst Krenek.

We therefore selected Lieder by Gustav Mahler from the cycles Des Knaben Wunderhorn and Lieder und Gesänge aus der Jugendzeit, which evoke different stages of life and emotional states: at times with childlike lightness, as in Hans und Grete, and at others with romantic passion, as in Erinnerung. Seeking to give words and music to what most certainly lies at the source of the inner storm described in Schubert’s Die junge Nonne, we imagined decisive moments in this woman’s emotional life, such as “Bedeckt mich mit Blumen” from Hugo Wolf’s Spanisches Liederbuch, which highlights an inner overflow of sensuality and love. Alma Mahler’s Lied In meines Vaters Garten further nourishes this sensual state, tinged with a certain melancholy.

Yet the destiny of this young woman is tragic, and her inner suffering ultimately overwhelms all the loves she has experienced. We therefore chose to symbolize this call of death through the music of Ernst Krenek and the texts of Emil Barth. The cycle Wechselrahmen—meaning “Change of Frames”—spoke to us particularly through its symbolic and psychoanalytical dimension. It opens onto a parallel world in which six Lieder successively address voices in the night, spirits, ghosts, shadows, love, life’s great decisions, death, and transparent walls of the mind.

As we pass through this cycle, we feel ourselves transported into another space-time, suspended between life and death. This is what inspired us to place it as a recurring thread throughout our recital, giving sound and words to the dark thoughts that gradually drew this young woman toward her own death.

We thank you sincerely for taking the time to read this text, and we wish you a beautiful journey through poetry and music.

Programme

Ernst Krenek
Wechselrahmen, op. 189
Schwarze Muse

Gustav Mahler
Lieder und Gesänge aus der Jugendzeit
Frühlingsmorgen

Alma Mahler
Fünf Lieder
In meines Vaters Garten

Ernst Krenek
Wechselrahmen, op. 189
Der Schatten

Hugo Wolf
Spanisches Liederbuch
Bedeckt mich mit Blumen

Gustav Mahler
Lieder und Gesänge aus der Jugendzeit
Erinnerung

Gustav Mahler
Des Knaben Wunderhorn
Verlorne Müh’

Ernst Krenek
Wechselrahmen, op. 189
Ihr Schwüre
Spruchband

Gustav Mahler
Des Knaben Wunderhorn
Es sungen drei Engel einen süßen Gesang

Gustav Mahler
Lieder und Gesänge aus der Jugendzeit
Hans und Grete

Gustav Mahler
Des Knaben Wunderhorn
Scheiden und Meiden

Ernst Krenek
Wechselrahmen, op. 189
Wechselrahmen
Heller als Glassteine

Franz Schubert
D. 828
Die junge Nonne

 

 

Roxane Macaudière – Soprano

Roxane développe dès son plus jeune âge une affinité particulière pour le chant, la danse et le piano. En 2014, elle interprète l’un des Drei Knaben dans Die Zauberflöte de Mozart à l’Opéra de Vichy, Saint-Etienne et au Monastère de Brou. En 2017, elle est soliste dans le Requiem de Fauré à l’Opéra de Saint-Etienne. Passionnée par la pluridisciplinarité des arts, elle obtient en 2018 et 2022 ses diplômes de fin d’études en piano classique et en danse contemporaine. Elle compose également pour divers ensembles et se forme en art dramatique. Elle étudie le chant lyrique pendant cinq ans auprès de Cécile de Boever et Virginie Pochon. Roxane est actuellement étudiante en deuxième année de Bachelor de chant à la Haute école de musique de Genève dans la classe de Heidi Brünner. En avril 2025, elle incarne Gretel dans Hänsel und Gretel de Humperdinck dans la production de la HEM de Genève sous la baguette de Judith Baubérot.  En novembre 2025, elle compose pour le baryton-basse Vincent Le Texier et chante en duo avec lui dans le cadre de Festyvocal. En mars 2026 elle chantera aux côtés de Maroussia Gentet et Emmanuel Olivier dans le concert de bienvenue des nouveaux professeurs de la HEM. Soucieuse de rendre accessible l’art lyrique, elle crée en 2023 une compagnie et produit un opéra itinérant chaque année.

 

Florestan Bourreau – Piano

Florestan Bourreau est un pianiste français né en 2000 à Brive-La-Gaillarde. Il entre au conservatoire de Saint-Maur-Des-Fossés en 2018 et y obtient son prix d’études musicales dans la classe de David Braslawsky. A la Haute école de musique de Genève depuis 2021, il obtient son Bachelor dans la classe de Sylviane Deferne. Actuellement il étudie en Master dans la classe de Cédric Pescia. Il a l’occasion de se produire sur scène dans des récitals, en duo avec violoncelle et en tant que soliste dans le concerto pour piano de Schumann. Il enseigne le piano et accompagne des classes d’instruments au Conservatoire de musique de Genève.

Juliette Amelot / Valentin Boquillon

Note d'intention

Ce programme dessine un parcours sensible à travers les métamorphoses de lamour, de l’éveil printanier à lintimité nocturne.
Les premiers Lieder cél
èbrent une nature lumineuse et un sentiment pur, encore idéalisé. Avec Gustav Mahler, le ton se nuance et se complexifie, mêlant naïveté, ironie et profondeur humaine. Le récital senfonce ensuite dans la nuit, espace de solitude et dintrospection. Les Lieder dAlexander von Zemlinsky en marquent un sommet, aux récits nuancés où lexpression devient plus intérieure. La Sehnsucht, cette émotion de nostalgie tournée à la fois vers le passé et l’avenir, portée par l’écrivain Johann Wolfgang von Goethe, prend une dimension universelle. Enfin, les textes passionnés de Louise Labé, poétesse de la Renaissance, mis en musique par Viktor Ullmann viennent dans une langue nouvelle conclure ce voyage, du rêve à l’intensité de l’expérience vécue.

This programme traces a sensitive journey through the transformations of love, from the awakening of spring to nocturnal intimacy.
The opening Lieder celebrate radiant nature and a pure, still idealized feeling. With Gustav Mahler, the tone becomes more nuanced and complex, blending naïveté, irony, and profound humanity. The recital then descends into the night, a space of solitude and introspection. The Lieder of Alexander von Zemlinsky mark a high point in this journey, with subtle narratives in which expression turns increasingly inward. Sehnsucht—that emotion of longing oriented simultaneously toward past and future, carried by the writings of Johann Wolfgang von Goethe—takes on a universal dimension. Finally, the passionate texts of Renaissance poet Louise Labé, set to music by Viktor Ullmann, conclude this voyage in a new language, moving from dream to the intensity of lived experience.

Programme

Franz Schubert
D. 882
Im Frühling

Franz Schubert
D. 497
An die Nachtigall

Gustav Mahler
Rückert-Lieder
Ich atmet’ einen linden Duft
Liebst du um Schönheit
Blicke mir nicht in die Lieder

Gustav Mahler
Lieder und Gesänge aus der Jugendzeit
Ablösung im Sommer

Gustav Mahler
Des Knaben Wunderhorn
Rheinlegendchen

Alexander Von Zemlinsky
Walzer-Gesänge nach toskanischen Volksliedern, op. 6
Liebe Schwalbe
Klagen ist der Mond gekommen
Fensterlein, nachts bist du zu
Ich geh’ des Nachts
Blaues Sternlein
Briefchen schrieb ich

Franz Schubert
Gesänge aus Wilhelm Meister, D. 877
Lied der Mignon. Nur wer die Sehnsucht kennt

Gustav Mahler
Lieder und Gesänge aus der Jugendzeit
Erinnerung

Viktor Ullmann
Six sonnets de Louise Labé, op. 34
Je vis, je meurs
Luth, compagnon
Claire Vénus

 

Juliette Amelot – Soprano

La soprano Juliette Amelot commence le chant lyrique à la Maitrise de Paris. Elle entre plus tard au CRR de Boulogne Billancourt. Après avoir réalisé des études de kinésithérapie, elle intègre en 2023 l’HEMU dans la classe de Brigitte Balleys puis celle de Leontina Vaduva.

Depuis 2024, elle fait partie du chœur de l’Opéra de Lausanne, dans les productions de Guillaume Tell, Fortunio ou encore Don Quichotte. En juillet et août 2024, Juliette a le privilège de chanter avec l’Ensemble Matheus, dirigé par Jean-Christophe Spinosi, aux cérémonies d’ouverture et de clôture des Jeux Olympiques de Paris.

En tant que soliste, Juliette s’est produite dans des cantates de Bach en 2024 à l’Église Saint Laurent ainsi que dans l’Agnus dei de Luciano Berio en avril 2025 à l’Église Saint-François à Lausanne.

L’été 2025 elle intègre l’Académie Ravel où elle bénéficie de l’enseignement prestigieux de Véronique Gens et Patricia Petibon et où elle participe aux masterclasses publiques et aux concerts du festival. Enrichie par sa formation en musique de chambre à l’Académie Ravel, elle développe son goût pour le genre du Lied et de la Mélodie.

Valentin Boquillon – Piano

Valentin Boquillon, pianiste, débute sa formation dans les conservatoires de Paris et de Saint-Maur-des-Fossé. Il y étudie aussi l’accompagnement avec Claude Collet, et découvre alors la joie de partager la musique.

Après un Bachelor à l’HEMU avec Jean-François Antonioli, il poursuit en septembre 2025 en master d’accompagnement avec Silvia Fraser Roccio et Todd Camburn.
Il participe à des stages (Nuits pianistiques d’Aix-en-Provence, Talent Summer Courses à Brescia), et est soutenu par la fondation Jean Tanner, 2e prix de leur concours du 7 décembre 2025, et a reçu le prix du fond Carlo Hemmerling pour ses résultats et son récital de Bachelor.

En tant que pianiste accompagnateur, il travaille depuis 2018 avec le baryton-basse Stéphane Baroux, avec lequel il se produit en concert. Accompagnant aussi ses stages et auditions, il y assiste la mise en place musicale et prosodique des œuvres. Il découvre ainsi la richesse du répertoire vocal, de l’opéra à la mélodie française et au lied allemand.
Depuis 2024 il forme son duo avec la soprano Juliette Amelot, qu’il rencontre lors de projets académiques, avec qui ils désirent développer leur pratique artistique au travers de projets variés.

 

Didier Schnorhk – Président du jury

Né en 1962 dans une famille de musiciens, Didier Schnorhk est depuis plus d’un quart de siècle à la tête du Concours de Genève, dont il assure la bonne marche administrative et financière et dont il coordonne la politique artistique. Depuis 2000, il a organisé plus de quarante concours internationaux pour de nombreuses disciplines instrumentales ainsi que pour le chant et la composition ; il a aussi construit un programme unique au monde de suivi de carrière et de formation professionnelle pour les lauréats du Concours.
Violoncelliste formé à Genève, il a mené durant quinze ans une carrière professionnelle au sein des orchestres de la région avant de devenir l’adjoint de Thierry Fischer à l’OCG. Reconnu par ses pairs, Didier Schnorhk a été Président de la Fédération Mondiale des Concours Internationaux de Musique (FMCIM) de 2015 à 2021 et est depuis 2022 Président du conseil de fondation de la Haute école de musique de Genève. Lauréat de la Fondation Pierre et Louisa Meylan en 2019, il est membre de jurys de différents concours internationaux en Suisse, en Europe et en Chine.

 

Bernard Demottaz – Membre du jury

Bernard Demottaz a été de 1971 à 2011 flûtiste (piccolo solo) à l’Orchestre de la Suisse Romande après avoir obtenu un premier prix de flûte et un premier prix de musique de chambre au CNSM de Paris. Il a été le flûtiste de la Serenata de Genève pendant de nombreuses années. Aujourd’hui à la retraite, il est le représentant musicien délégué par le comité de la Société Gustav Mahler de Genève auprès de l’actuel Concours Mahler.

Monica Groop – Membre du jury

La mezzo-soprano finlandaise Monica Groop s’est produite sur de nombreuses grandes scènes d’opéra et de concert à travers le monde, telles que l’Alice Tully Hall à New York, les BBC Proms au Royal Albert Hall, le Wigmore Hall, le Carnegie Hall, le Musikverein de Vienne, l’Opéra Garnier et l’Opéra Comique à Paris, ainsi que la Bayerische Staatsoper à Munich. Elle a été alto solo dans la Symphonie n° 2 de Mahler lors de l’inauguration du Walt Disney Concert Hall à Los Angeles, sous la direction d’Esa-Pekka Salonen.

Son répertoire est un mélange riche et varié de musique baroque, de lied, de grand répertoire classique et d’œuvres modernes. Elle a créé des œuvres composées pour elle et qui lui sont dédiées par plusieurs compositeurs finlandais contemporains tels que Kalevi Aho, Olli Kortekangas, Tapio Tuomela et Per-Henrik Nordgren. Elle a également assuré les créations nord-américaines des opéras L’Amour de loin et Adriana Mater de Kaija Saariaho. Monica Groop a collaboré avec de nombreuses grandes maisons d’opéra à travers le monde, notamment Covent Garden, Bayerische Staatsoper de Munich, le New York City Opera, le Teatro Real de Madrid, l’Opéra royal de Stockholm, l’Opéra national de Finlande, ainsi que les opéras de Los Angeles, Santa Fe, Montréal et Paris. Elle a participé à la réouverture du Palais Garnier à Paris en 1996, sous la direction de Sir Georg Solti (Don Giovanni, Decca).

Ses apparitions avec orchestre incluent les orchestres symphoniques de Barcelone, Chicago, San Francisco, Pittsburgh, Londres et de la BBC, ainsi que le Cleveland Orchestra, le Philharmonia Orchestra de Londres, les orchestres philharmoniques tchèque, de Los Angeles et de New York, le Deutsches Symphonie-Orchester, le Gewandhaus de Leipzig, les orchestres NDR et SWR, ainsi que l’Accademia Nazionale di Santa Cecilia à Rome. Parmi ses rôles à l’opéra figurent notamment Octavian (Le Chevalier à la rose), le Compositeur (Ariadne auf Naxos), Sesto (La clemenza di Tito), Dorabella (Così fan tutte), Chérubin (Les Noces de Figaro), Lucrèce (The Rape of Lucretia) et Carmen.


Elle a eu l’honneur de travailler avec des chefs tels que Sir Georg Solti, Herbert Blomstedt, Myung-Whun Chung, Sir Colin Davis, Seiji Ozawa, Christoph Eschenbach, Carlo Maria Giulini, Bernard Haitink, Neeme Järvi, Nicholas McGegan, Zubin Mehta, Esa-Pekka Salonen, Robert Spano et Franz Welser-Möst. En récital, Monica Groop s’est produite au Lincoln Center à New York, au Kimmel Center de Philadelphie, au Wigmore Hall de Londres et au Musikverein de Vienne. Au cours de sa carrière, elle a collaboré régulièrement avec les pianistes András Schiff, Roger Vignoles et Rudolf Jansen.

Monica Groop est une artiste prolifique au disque, avec environ 100 enregistrements. Elle a enregistré l’intégrale des chants (vol. I à VII) d’Edvard Grieg (BIS), des lieder de Carl Loewe (CPO), ainsi que des œuvres de Schubert, Brahms, Allan Pettersson (CPO) et Sibelius (BIS), en plus de nombreux opéras et oratorios.

Elle a reçu le prix Pro Finlandia en 2005 et est membre de l’Académie royale de musique de Suède. Elle donne régulièrement des master classes et, de 2009 à 2013, fut titulaire d’un professorat au sein de l’Académie Sibelius. 

Depuis 2016, elle est directrice artistique du Festival de musique de Pellinge, dans l’archipel de Porvoo.

 

Markus Hadulla – Membre du jury

Markus Hadulla a étudié à l’Université de musique de Karlsruhe, au Conservatoire national supérieur de musique de Paris et à la Yale School of Music. En 1994, il a remporté le prix de piano du 7ème Concours international Hugo Wolf à Stuttgart, puis a été invité par Dietrich Fischer-Dieskau à rejoindre sa classe de Lied à Berlin. 

Markus Hadulla a collaboré avec de nombreux chanteurs de renommée internationale, parmi lesquels Sandrine Piau, Christianne Stotijn, Angelika Kirchschlager et Udo Reinemann, ainsi qu’avec de jeunes artistes de premier plan tels qu’İlker Arcayürek, Samuel Hasselhorn et Josy Santos. Dans le cadre de la série « Rising Stars » de l’ECHO, aux côtés de l’altiste Antoine Tamestit, il s’est produit dans de grandes salles de concert comme le Carnegie Hall, le Concertgebouw d’Amsterdam, le Konzerthaus de Vienne, la Philharmonie de Cologne et le Festival de Lucerne.

Il a été directeur artistique de la série de concerts wort+ton à Winnenden pendant plus de vingt ans et a exercé en tant que conseiller artistique auprès de l’Académie des Heures Romantiques en Touraine. Il est actuellement professeur d’interprétation du Lied et d’accompagnement vocal à l’Université de musique et des arts du spectacle de Vienne (mdw), et enseigne régulièrement au Conservatorio della Svizzera Italiana à Lugano. Il a également donné des master classes dans des institutions telles que le CNSM de Paris, l’Université Chopin de Varsovie, le Royal College of Music de Londres et l’Université des arts de Tokyo.

Ses enregistrements (Claves, Naxos, Audite, Sony Classical, entre autres) ont été récompensés par des distinctions telles que le Diapason d’or et le Prix de la critique discographique allemande. En 2024, il a reçu, avec la mezzo-soprano Josy Santos, le Prêmio Concerto et le Prêmio APCA au Brésil pour le meilleur récital de Lied.