La HEAD à la Milano Design Week

No One Sees Them Like We Do

Exposition du 20 au 26 avril 2026, de 11h à 19h
Vernissage 21 avril 2026, à 17h00
Alcova Baggio
Military Hospital Complex
Via Giovanni Labus 15, 20147 Milano

Présentée à Alcova dans le cadre de la Milano Design Week 2026, No One Sees Them Like We Do. Notes on Animal Interiors explore les relations contemporaines entre humains et animaux dits de compagnie à travers six récits spatiaux. Imaginée par les étudiant-e-s du MAIA – Master of Arts in Interior Architecture, HEAD – Genève, l’exposition interroge la position intermédiaire et fragile de ces présences domestiques, intégrées aux foyers, aux cadres juridiques et aux systèmes techniques humains.
Ni symboles ni métaphores, les animaux y sont abordés comme des présences actives, capables de déplacer la centralité humaine et de questionner les hiérarchies du vivre‑ensemble. Développé selon une approche non interventionniste, le projet s’attache aux gestes ordinaires du soin, aux situations de coexistence et aux infrastructures domestiques souvent invisibles.

Du 20 au 26 avril 2026, le projet prend la forme d’un ensemble d’objets et de fragments d’infrastructure. Six animaux — rat, chien, colombe, grenouille, chat et autres espèces — donnent naissance à autant de récits spatiaux, chacun s’appuyant sur une fable conçue comme un outil spéculatif pour penser autrement les relations entre humains, animaux et environnements. 

Six animaux - Six récits spatiaux 

THEY ARE SEVEN DOVES DANCING IN MY HOME - Hugo Maia Schmitt, Letizia Milone
Dancing Doves explore la relation entre humains et colombes à travers le son, le rythme et le mouvement partagé. Le projet s’articule autour d’un objet musical placé dans l’espace, activé par le chant, les atterrissages et le contact. Plutôt que de dresser ou de contrôler, le dispositif crée une situation de co-présence où la vibration devient un terrain commun. Par une chorégraphie informelle et une écoute réciproque, le projet imagine un intérieur domestique fondé la complicité réciproque possible.
 

DOGS ARE NOT ONLY CREATURES - Stéphanie Hemidi, Kim Sherin Schönauer, Jérémy Troilo
Wiggly Dog explore le territoire partagé entre humains et chiens à travers le corps, le mouvement et la perception sensorielle. Pensé depuis un point de vue bas, proche de l’animal, le projet transforme le jardin domestique en un paysage réactif fait d’objets, de végétation, de creux et de textures. Conçu pour être parcouru en courant, flairant, rampant ou jouant, l’espace favorise l’accord entre espèces. Dans l’esprit d’un devenir-avec, le projet considère le chien non comme un compagnon passif mais comme un co-acteur de l’environnement. L’extérieur devient ainsi un lieu de rencontre où l’exploration commune fabrique un monde partagé, situé et relationnel.
 

FROGS IN SEARCH OF WETLANDS - Martino De Grandis, Ailyn Pieyre
Hidden Frog interroge les formes contemporaines de fascination, de capture et de mise en vitrine du vivant. En contraste avec l’attrait pour les espèces exotiques maintenues sous verre, le projet recentre l’attention sur les amphibiens locaux et leurs habitats menacés. Il propose des infrastructures discrètes liées à l’eau — lieux de fraîcheur, d’hydratation et de refuge — intégrées aux paysages domestiques et agricoles. Plutôt que l’observation spectaculaire, Hidden Frog défend une éthique du soin non invasif, où la cohabitation passe par l’attention portée aux absences, aux milieux fragiles et aux conditions silencieuses de la survie.
 

MEUW (Socius novus) - Jaemo Lee, Lisa Schober
Meuw imagine un monde où la compagnie ne serait plus incarnée par un animal vivant, mais par un artefact capable de simuler présence, attachement et réponse. Ni animal ni simple machine, l’objet propose une autre forme de relation — sans habitat, sans soin, sans responsabilité envers le vivant. Porté, touché, gardé près du corps, il réagit par sa surface, son poids et sa capacité d’écho affectif. Le projet interroge ainsi la possibilité d’une intimité sans domination et la tentation de remplacer le vivant plutôt que d’apprendre à coexister avec lui.
 

FEAST FOR RATS - Matilde Arletti, Julie Chavaz, Angélique Kuenzle
Feast for Rats overturns the usual hierarchies of domestic space by inviting the rat to the table. An omnipresent yet systematically rejected species, the rat becomes a legitimate guest, participating in an act of shared conviviality. Composed of bread, seeds, and edible matter, the table shifts from a site of consumption to a space of encounter, intimacy, and negotiation. By placing the rat at the center of a shared ritual, the project carried out by the collective LA DALLE (Julie Chavaz and Angélique Kuenzle) and the student Matilde Arletti questions boundaries of disgust, hospitality, and equality, proposing sharing as a first gesture of interspecies recognition.
 

SOME ANIMALS HIDE TO DIE - Diana Escalante, Karol Szmigielski
Churches have long been places of devotion, but also temperate spaces offering shelter from the harshness of weather. Drawing on this dual role, the project imagines a place dedicated to death for animals. Conceived as a public architecture of gathering and mourning, it applies human practices of grief to animals without hierarchy or dramatization. After exploring play, care, sharing, and coexistence, this project addresses a rarely considered moment: stopping. Making space becomes a collective gesture—recognizing animal death as a shared experience, worthy of attention and equality.

Recherche, enseignement, publication

Ce projet s’inscrit dans une recherche menée au sein du MAIA – Master of Arts in Interior Architecture, HEAD – Genève, consacrée aux formes matérielles et spatiales de la cohabitation interespèces. Il prolonge le symposium Animals Inside: A History of Objects and Furniture for Pets in Domestic Interiors (HEAD – Genève, 17 novembre 2025), qui a interrogé l’histoire des objets, du mobilier et de l’architecture liés aux animaux de compagnie, de l’Antiquité à l’ère numérique.

À travers contributions théoriques et études de cas, le symposium a mis en évidence la domesticité comme un champ de négociation : dispositifs d’enfermement et d’ouverture, porosité des habitats, médiations sensorielles et numériques, cadres du soin et de la contrainte. Ces réflexions nourrissent un enseignement fondé sur l’expérimentation, où le projet devient un outil critique pour explorer les relations entre espace, vivant et usage.

Cette recherche ouvre la perspective d’un ouvrage réunissant essais, archives, projets pédagogiques et récits spéculatifs, afin de proposer une lecture élargie de l’architecture intérieure intégrant l’agence animale et les pratiques contemporaines du vivre‑ensemble. 


 

 

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No One Sees Them Like We Do. Notes of Animal Interiors
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