
La neuroscientifique Silvia Marchesotti vient d’obtenir un prestigieux financement pour sa recherche. Elle vise à décoder le langage interne des patient·e·s qui n’arrivent plus à s’exprimer, via une interface cerveau-machine.
Des difficultés à parler à l’incapacité totale de s’exprimer, les troubles du langage constituent un spectre d’atteintes hétérogènes, toutes handicapantes. Afin d’aider les patient·e·s à regagner leurs capacités à communiquer, la chercheuse Silvia Marchesotti cherche à décoder les signaux neurophysiologiques émis par le cerveau lors de l’imagination du langage.
Pour développer son projet, elle vient d’obtenir le Starting Grant du Fonds National Suisse (FNS), le plus haut niveau d’encouragement de carrière du Fonds de soutien. Elle intégrera le groupe de bio-ingénierie de l’Institut d’ingénierie industrielle et informatique (inTECH) de l'HEPIA en tant qu’adjointe scientifique d’ici la fin de l’année 2026.
Sa recherche se concentre sur l’aphasie, «un trouble du langage, mais pas seulement de la voix. L’atteinte peut se manifester par des difficultés à lire, à écrire, à comprendre.» Les aphasies résultent souvent d’accidents vasculaires cérébraux (AVC).
Silvia Marchesotti utilise des électroencéphalogrammes (EEG) — processus non-invasifs qui mesurent l’activité électrique du cerveau —, ainsi que des enregistrements intracrâniens. Ceux-ci sont relevés sur des patient·e·s déjà implantés pour une épilepsie pharmaco-résistante. Les mesures sont ensuite analysées par un logiciel «interface cerveau-machine».
À terme, grâce à une meilleure visualisation des signaux, ce logiciel constituera un nouvel outil de réhabilitation pour les logopédistes, les experts du langage qui aident les patient·e·s à recouvrer leurs capacités.
Dans un deuxième temps, Silvia Marchesotti vise à développer un nouvel instrument qui permettrait de décoder la parole imaginée en temps réel.
Le FNS lui a accordé plus d’un 1,5 millions de francs. Sa recherche sera menée en collaboration avec le service de neuro-réhabilitation des Hôpitaux universitaires de Genève, la faculté de médecine de l’Université de Genève, et l’Institut de l’Audition, centre de l’Institut Pasteur à Paris.
Photo vignette: © S. Marchesotti