Sexualités et sans-chez-soirisme Quelles sont les différentes réalités et les besoins des personnes en situation de sans-chez-soirisme en termes de sexualité ?

Vendredi 06 mars 2026 14h - 16h HETS-Genève, bât.E, salle E206
Soutenance Précarité
Soutenance du travail de Bachelor de Timea EMERY, orientation Education sociale (PT-23) & Marie Sophia JACCOUD KRÄUCHI, orientation Animation socioculturelle (PT-23) & Jeanne NUNEZ WENDERDEL, orientation Animation socioculturelle (PT-23).

Sexualités et sans-chez-soirisme

Quelles sont les différentes réalités et les besoins des personnes en situation de sans-chez-soirisme en termes de sexualité ?

Ce travail explore la question de la sexualité chez les personnes en situation de sans-chez-soirisme, un thème largement invisibilisé dans les pratiques professionnelles, les institutions et la société. À travers neuf entretiens menés avec des personnes concernées et des professionnel·le·x·s, nous avons cherché à comprendre comment les besoins affectifs, intimes et corporels s’expriment dans un contexte marqué par le manque d’intimité, les normes sociales, la précarité multifactorielle et les rapports de pouvoir.

Nos résultats montrent que la sexualité reste un sujet tabou, rarement abordé, souvent vécu comme une impossibilité, soit par interdictions explicites ou tacites, soit par manque d’espace, de moyens, parfois d’hygiène ou de confiance en soi, liés à la situation économique. Plusieurs participant·e·x·s ont indiqué que nos entretiens constituaient pour elleux une première occasion de pouvoir aborder ce thème. Le manque d’espaces dédiés, les règles institutionnelles strictes et le regard social contribuent à réduire la sexualité à une dimension inexistante ou dangereuse, alors qu’il s’agit simplement de besoins humains et naturels. Pour les professionnel·le·x·s, ce sujet reste aussi tabou, soit à cause de la place que l’institution laisse à cette thématique soit en lien avec leur propre posture.

Nous avons également mis en lumière plusieurs réalités : l’usage de la sexualité comme ressource de survie, la consommation de substances comme béquilles, les difficultés liées aux normes de genre et les stratégies parfois invisibles que les personnes développent pour préserver un minimum d’intimité.

Ce travail met en évidence le manque d’intérêt de la société actuelle par rapport à ce sujet, mais aussi le manque d’importance accordée au bien-être sexuel dans l’accompagnement social, en reconnaissant la sexualité comme un élément essentiel de la dignité et de la construction de soi.


Ce travail de Bachelor sera présenté devant un jury composé de :

  • Lucien DURAND, Travailleur social, à Genève
  • Àgnes FÖLDHAZI, Maître d’enseignement, Responsable des Travaux de Bachelor auprès de la Haute école de travail social à Genève,
  • Anne LAVANCHY, Directrice du travail de Bachelor et animatrice de la séance.