Mamans d’aujourd’hui, enfants placées d’hier
Ce travail de Bachelor porte sur l’influence du vécu institutionnel dans la construction de la maternalité.
A partir de nos expériences professionnelles à la FOJ, nous avons cherché à comprendre comment un placement vécu durant l’enfance ou l’adolescence peut résonner dans la manière de devenir mère.
Notre recherche interroge le rapport à l’enfant, à l’histoire personnelle, aux institutions, ainsi qu’au sentiment de légitimité parentale. Elle questionne également la peur de reproduire certains schémas et le désir de construire une parentalité différente.
Pour cela, nous avons mené une recherche qualitative fondée sur trois entretiens semi-directifs avec des mères ayant connu un placement durant leur parcours.
Ces récits ont été analysés à partir d’apports théoriques autour de la parentalité, de la maternalité, de la mémoire, de la filiation et de la transmission.
Les résultats montrent que le placement peut laisser des traces dans la construction de soi comme mère, notamment dans la confiance, les peurs de reproduction du schéma et le rapport aux professionnel·le·s.
Cependant, ces traces ne sont pas uniquement des fragilités. Elles peuvent aussi devenir des ressources et soutenir le désir de « faire autrement ».
Les récits mettent ainsi en évidence des parcours singuliers, traversés à la fois par des blessures, des questionnements et des capacités de transformation.
Ce travail invite finalement à porter un regard nuancé sur les mères ayant vécu un placement, sans les réduire à leur passé institutionnel et à adopter une posture professionnelle fondée sur l’écoute, la reconnaissance et la prudence.
Ce travail de Bachelor sera présenté devant un jury composé de :
Laura SAUTTER, Educatrice sociale auprès de la Fondation Officielle de la Jeunesse foj à Genève,
Emilie TATAR, Intervenante en Protection de l’Enfance auprès de Service de Protection des Mineurs et des l’Adultes à Genève,
Nicole PECCOUD, Directrice du travail de Bachelor et animatrice de la séance.