Les repas intergénérationnels comme outil de médiation : perceptions croisées entre jeunes et personnes âgées autour de la délinquance
Les repas intergénérationnels comme outil de médiation : perceptions croisées entre jeunes et personnes âgées autour de la délinquance
Alors que l’isolement social tend à se renforcer dans la vie quotidienne actuelle, ce travail de Bachelor s’intéresse au lien intergénérationnel comme réponse possible à des problématiques touchant à la fois les personnes âgées et les jeunes. Bien que ces deux groupes semblent, à première vue, très éloignés, ils partagent des formes spécifiques d’isolement comme l’enfermement dans le domicile, la solitude et la perte de liens sociaux chez les personnes âgées ainsi que de l’inoccupation, repli sur le groupe de pairs et stigmatisation chez les jeunes. Face à ces constats, le lien intergénérationnel apparaît comme un appui pertinent pour favoriser la rencontre, la transmission réciproque et la transformation des représentations de chacun des groupes sociaux.
La première partie du travail propose une analyse des enjeux sociaux du lien intergénérationnel. Elle pointe les mécanismes et conséquences de l’importance de la transmission croisée des expériences : les personnes âgées apportent des récits de vie, des repères historiques et des expériences professionnelles, tandis que les jeunes sont en mesure d’offrir leurs compétences numériques et de sensibiliser à leurs diverses cultures. La seconde partie est consacrée à l’analyse d’un dispositif concret : le projet de repas intergénérationnel mis en place à la maison de quartier de Thônex, à la suite d’un événement violent ayant profondément marqué le quartier.
Après avoir retracé l’historique de l’institution et le contexte ayant conduit à la création du projet, le travail décrit le dispositif de manière détaillée, ses objectifs, ses partenaires et le choix du repas collectif comme outil de médiation. L’analyse met en évidence un début incertain, marqué par certaines difficultés. Toutefois, elle révèle également des bénéfices significatifs. Cette partie s’attache enfin au rôle et à la posture du travailleur social, soulignant l’importance de l’humilité, de l’auto-évaluation et de l’ajustement constant des pratiques.
La troisième partie termine sur les perspectives et projets à venir, en présentant les ajustements envisagés autour du repas intergénérationnel ainsi que dans l’implication de notre équipe dans la co-construction du dispositif. Elle met en avant le repas comme un outil social et préventif, notamment en lien avec les enjeux de l’alimentation chez les jeunes. Le travail se conclut par une réflexion sur la posture de l'animation socioculturelle, valorisant le droit à l’essai, à l’imprécision et à l’échec comme condition nécessaire à la création de lien social durable.
Ce travail de Bachelor sera présenté devant un jury composé de :
- Ulrike ARMBRUSTER ELATIFI, Maître d’enseignement auprès de la Haute école de travail social à Genève,
- Julien SOUCHAUD, Animateur socioculturel auprès de la FASe à Genève,
- Marc BREVIGLIERI, Directeur du travail de Bachelor et animateur de la séance.