Femmes requérantes d’asile : entre intégration et préservation identitaire, dans quelle mesure le travail social répond-il à leurs besoins spécifiques?
Femmes requérantes d’asile :
Entre intégration et préservation identitaire, dans quelle mesure le travail social répond-il à leurs besoins spécifiques ?
Ce travail de Bachelor analyse la situation des femmes requérantes d’asile à Genève, en se concentrant sur la tension entre intégration dans la société d’accueil et préservation de l’identité sociale et culturelle. Les auteures adoptent une approche qualitative basée sur des entretiens, des observations de terrain et un dispositif audiovisuel (film et photos), afin de valoriser les récits et les expériences vécues.
Le contexte suisse de l’asile est marqué par un cadre légal strict et une forte incertitude administrative, ce qui complique l’intégration. À Genève, l’accompagnement est assuré par un réseau d’institutions et d’associations, mais les conditions d’accueil restent parfois précaires, notamment pour les femmes. Ces dernières font face à des vulnérabilités spécifiques liées au genre : violences durant le parcours migratoire, dépendance économique ou conjugale, difficultés d’accès aux droits, à l’emploi et à la langue. Leur quotidien est souvent dominé par un « mode survie », laissant peu de place à une réflexion sur leur identité.
L’étude montre que l’identité ne disparaît pas avec l’exil mais se transforme à travers des pratiques quotidiennes (cuisine, couture), qui permettent de maintenir un lien culturel. L’intégration apparaît comme un processus complexe, influencé par des contraintes structurelles et des rapports de pouvoir, et non comme une simple adaptation. Le travail social joue un rôle essentiel d’accompagnement, de médiation et de soutien à l’autonomie (empowerment), mais reste limité par le cadre institutionnel. Il contribue toutefois à créer des espaces de confiance, à valoriser les ressources des femmes et à favoriser leur inclusion. En conclusion, intégration et identité ne s’opposent pas mais s’entremêlent. Une meilleure prise en compte des besoins spécifiques des femmes et une valorisation de leurs compétences sont nécessaires pour construire des politiques sociales plus inclusives et adaptées.
Ce travail de Bachelor sera présenté devant un jury composé de :
- Amandine HAUSER, Assistante sociale auprès de l’Hospice général à Genève,
- Théogène-Octave GAKUBA, Adjoint scientifique HES auprès de la Haute école de travail social à Genève,
- Marc BREVIGLIERI, Directeur du travail de Bachelor et animateur de la séance.