Par exemple, en Colombie, bien que la loi prévoie la mise à disposition d’interprètes dans les services de santé, son application est très limitée. La formation des interprètes n’est pas encadrée par une politique publique claire et donc le système ne garantit la qualité des compétences.
Face au manque d’interprètes physiques, l’interprétation à distance par vidéo (VRI) s’est développée comme solution numérique. Toutefois, son utilisation est freinée par des problèmes techniques, logistiques et d’infrastructures. L’accès à Internet, aux appareils et à leur recharge constitue un obstacle majeur, en particulier dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, où vivent la majorité des personnes sourdes. Les données montrent qu’une minorité seulement utilise régulièrement la VRI dans les consultations médicales.
Un essai contrôlé randomisé a évalué l’efficacité de la VRI en contexte de soins. Les résultats indiquent une amélioration de certains aspects de la communication médecin-patient-e (sentiment d’attention, consultation perçue comme complète, implication dans les décisions), mais pas d’amélioration significative sur d’autres dimensions (clarté, patience, compréhension globale).
L’étude conclut que la VRI peut contribuer à réduire certaines barrières d’accès aux soins, mais son efficacité dépend de conditions préalables essentielles : formation et encadrement des interprètes, niveau de littératie des patient-es, accès fiable aux technologies et infrastructures adaptées. Si le numérique peut résoudre certains obstacles, il risque aussi d’en accentuer d’autres.
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