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Rencontre avec la Professeure Catherine Ludwig

Publié le 11 February 2026

Devenir chercheuse ou chercheur, n’est pas forcément une vocation en soi - et cela n’empêche en rien de devenir une référence dans son domaine. Le parcours de la Professeure Catherine Ludwig en est la preuve. À travers un récit riche et inspirant, elle revient sur son chemin professionnel marqué par la curiosité, les rencontres et les opportunités : de graphiste à prof d’anglais, en passant par la psychologie, jusqu’à la recherche en santé, nous vous invitons à vous plonger dans son histoire.

Est-ce que tu pourrais te présenter pour celles et ceux qui ne te connaitraient pas encore ?

Je suis professeure associée au sein de la filière Soins infirmiers de la HEdS-Genève, spécialiste du vieillissement en santé. Mon parcours n’a rien d’une trajectoire toute tracée.

A l’origine, je voulais être graphiste. Mais ce n’était pas un domaine très valorisé à l’époque (dans les années 80), alors mes parents m’ont encouragée à faire une maturité gymnasiale. Je suis ensuite partie aux Etats-Unis où j’ai obtenu une 2e matu (américaine !). A mon retour, j’ai envisagé d’enseigner l’anglais. N’étant pas une grande lectrice, Shakespeare et la faculté des lettres ont rapidement eu raison de moi.

Je me suis alors tournée vers la psychologie, un domaine intéressant qui me permettait de concilier activités externes et études. J’ai obtenu mon Bachelor à l’Université de Genève (UNIGE), et j’ai poursuivi avec un Master. C’est à ce moment-là que j’ai rejoint une équipe de recherche en tant qu’assistante … et là, révélation : j’ai adoré ! J’ai réalisé un travail sur le développement cognitif des fonctions exécutives, de l’enfance au grand âge.

Après le Master, j’ai poursuivi avec un Doctorat sur les déterminants précoces de la maladie d’Alzheimer. Mon doctorat impliquait notamment de faire passer des examens neuropsychologies et d’imagerie médicale. Durant cette période, j’ai travaillé aux HUG et dans différents groupes de recherche à l’Université de Genève. Des expériences passionnantes !

Après l’obtention de mon doctorat, j’ai rejoint le centre interfacultaire de gérontologie et d’étude des vulnérabilités (CIGEV) l’Université de Genève comme maître assistante. J’y ai approfondi mes connaissances sur les multiples dimensions du vieillissement, et sur les approches bio-psycho-sociale des parcours de vie.

Ce n’est qu’en 2013, que j’ai rejoint la Haute école de santé de Genève, avec pour objectif d’encadrer la recherche pour la filière Soins infirmiers. En 2016, j’ai obtenu un financement important du Fonds national suisse (FNS) en partenariat avec IMAD, pour le projet fraxity, et j’ai lancé la ligne de recherche que je poursuis encore aujourd’hui : l’évaluation des ressources en santé des adultes vivant dans la communauté, et le développement de supports pour les professionnelles et professionnels de terrain pour les appréhender.

J’ai développé une expertise académique et appliquée, qui me vaut aujourd’hui d’être régulièrement sollicitée à l’interne (p.ex. commission scientifique du domaine santé HES-SO, Horizon Social 2040) comme à l’externe (p.ex. FNS, revues scientifiques) pour contribuer aux processus d’évaluation par les pairs de projets ou de valorisations scientifiques.

Qu’est-ce qui t’a décidé à orienter ta carrière dans la recherche ?

Au départ, je ne me destinais pas à une carrière dans la recherche. Ce sont les cours que j’ai suivis et, surtout, les rencontres faites au fil de mon parcours académique qui m’ont permis de découvrir cet univers et de m’y projeter. Aujourd’hui, je prends un plaisir immense à faire de la recherche.

Qu’est-ce qui te plait le plus dans la recherche ?

L’inconnu. La curiosité de découvrir de nouvelles questions, de nouveaux champs d’exploration, de collaborer avec de nouveaux collègues. C’est un formidable moteur de créativité.

Quels sont tes objectifs à moyen et long terme ?

Je souhaite continuer à développer mon laboratoire d’enseignement et de recherche en santé dans la communauté. Poursuivre ma ligne de recherche ainsi que mes enseignements principalement post-gradués et en formation continue où je peux partager mon expertise transdisciplinaire.

Je travaille également sur un nouveau projet de recherche sur la complexité des situations dans l’accompagnement social - santé (Comp/Ass). Ce projet a été initié à l’occasion d’une formation continue de VisionS en 2025. Il vise le développement de méthodes et supports permettant l’optimisation de la collaboration interprofessionnelles dans les soins et services. Le projet est mené avec des collègues de HEdS, HETS, IMAD et l’Hospice Général.

Quels conseils donnerais-tu à une future chercheuse ou un futur chercheur ?

De faire les choses soi-même. Ne pas hésiter à aller sur le terrain, collecter ses propres données, sans attendre sur les autres. Apprendre en faisant, ou comme ils le disent si bien outre-manche : Learning by doing.

 

Photo : (c) SIDIEFF 2025


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