• publications
    • auteur·ices
    • contribuer
    • à propos
    • Issue to pdf
  • Issue publie les réflexions critiques, pratiques et théoriques menées au sein de la HEAD – Genève
    • english
      • instagram
      • newsletter
publications
  • publications
  • auteur·ices
  • contribuer
  • à propos
  • Issue to pdf
    • instagram
    • newsletter
  • english

Dossier #12

Dé/produire sans cons/dé/truire

À la suite d’un rêve dans lequel une intelligence extra-terrestre l’avertissait que l’écosystème planétaire s’effondrait, l’artiste situationniste et musicienx électronique Chris Korda fondait son mouvement « religieux » Church of Euthanasia en 1992, qu’iel ne dotait que d’un seul commandement: « Tu ne procréeras point » et d’un slogan répété de disques house en banderoles : « Save the Planet – Kill Yourself ». Trente ans plus tard, le comique grotesque de ce positionnement nihiliste ne s’estompe pas, mais son constat sur l’état de la planète n’en apparaît que plus amèrement visionnaire et intra-terrestre. D’urgentes questions se posent face au ravage des écosystèmes et à l’épuisement des ressources. Elles émergent de manière singulière dans une école d’art et de design qui forme des étudiant·e·x·s à la production d’objets.

Comment allier une pratique d’art et de design avec les enjeux écologiques ? La production implique-t-elle nécessairement une forme de destruction ? Quelles formes pourrait prendre un tournant vers la déproduction ? Ce dossier envisage ces problématiques par le biais de trois approches complémentaires. Il s’intéresse tout d’abord à la dimension pragmatique de la mesure de l’impact d’un projet qui permet de prendre conscience des émissions et d’orienter les pratiques de façon vertueuse. Le projet de calculateur carbone initié par Yves Corminboeuf, délégué au développement durable à la HEAD, est présenté ici à travers le cas réel du défilé de mode 2021.

Sur le plan historique, l’hypothèse d’une déproduction fait écho à différentes pratiques, conceptuelles et critiques, qui ont remis en cause le statut de l’objet ou l’injonction à faire carrière. Alors que l’utopie de la dématérialisation digitale se révèle très énergivore, David Zerbib s’engage dans une réflexion sur la dialectique contemporaine du matériel et de l’immatériel. S’écartant des pratiques d’art conceptuel, il voit dans l’instabilité et la reconfiguration multiple des formats de la production artistique contemporaine l’émergence d’une pensée écosystémique.

Logiquement, cette remise en question des logiques productives a pour maître mot l’épargne des ressources. La poursuite de cet objectif emprunte des voies multiples et souvent, comme les chansons de Chris Korda, pétries de joie plutôt que du sentiment de privation. Enlever, défaire, renoncer, recycler, réparer, réaffecter, saboter deviennent des pratiques en soi. Une série d’articles de ce dossier se concentre sur quelques pratiques radicales, de figures historiques et/ou récalcitrantes de l’art et du design, mais aussi d’étudiant·e·x·s et d’enseignant·e·x·s de la HEAD qui repensent leur production, leur improduction ou leur déproduction à l’aune du défi écosystémique.

 

Images de couverture: Church of Euthanasia, CC-BY-SA 3.0

par
  • Sylvain Menétrey
lire la suiteréduire
  • départementarchi. intérieurarts visuelscom. visuelledesign moderecherche
  • sujetactivismedécolonisationécologieéconomieidentitésphilosophiethéorie critique
  • publié le 12 mai 2022
  • permalien https://www.hesge.ch/head/issue/issues/issue-12-deproduire-sans-consdetruire-sylvain-menetrey
  • licence CC BY-SA 4.0
informationsrevenir à la publication
  • Ecosystème de l'œuvre d'art et matérialité du monde

    par
    • David Zerbib

    La notion d’écosystème trouve un fort écho dans les pratiques artistique contemporaines. Influencé·e·s par l’approche néomatérialiste qui conteste la primauté du sujet et considère la matière comme dotée de vitalité, des artistes proposent des œuvres ouvertes à la mutation et à l’altération sans qu’ils ou elles n’en soient plus les opérateur·rice·s. Avant de pousser les artistes à sortir complètement du système productif ou à s’engager dans des pratiques purement immatérielles, David Zerbib postule dans cet essai que la crise écologique provoque d’abord et surtout un changement de positionnement de l’humain dans un réseau polycentrique d’agentivités plurielles.

  • Création en design et durabilité

    par
    • Yves Corminboeuf
    • Elizabeth Fischer

    Yves Corminboeuf fait partie des pionniers du design durable en Suisse. Le chargé de cours et délégué à la durabilité de la HEAD conseille de nombreuses structures afin de les faire évoluer vers une prise en compte des enjeux écologiques propres à leur modèle de production. Il est également actif dans le réemploi à travers l'association Matériuum, une ressourcerie très appréciée du monde culturel qui récupère et remet en vente des matériaux de construction. Dans cet entretien avec Elizabeth Fischer accompagné d'une longue introduction, il revient sur les origines de la notion d'écoconception et les moyens à disposition des designers pour limiter leur impact sur les ressources du système Terre.

  • Radical Acts of Love

    par
    • Mikhail Rojkov

    Outre le fait d’être l’une des industries les plus polluantes au monde, la mode soumet ses ouvrier·ère·s à des conditions de travail parmi les plus dégradantes. Face à ces abus, la mobilisation des consommateur·ice·s reste négligeable. Partant de ce constat, Mikhail Rojkov s’est lancé dans une série d’actions de sensibilisation, parmi lesquelles la réparation de jeans déchirés neufs qu’il replace en rayon pour pointer les dérives et absurdités du système. Aussi douces et attentionnées soient-elles, de telles interventions foulent certains principes au cœur du capitalisme, comme la propriété privée. Dans ce texte, Rojkov discute des frontières entre vandalisme et embellissement, et du potentiel de transformation politique concentré dans un fil, une aiguille et un geste d’amour.

  • Architecture Without New Architecture

    par
    • Vera Sacchetti
    • Nobuyoshi Yokota

    Longtemps l’architecture a été synonyme de construction. La prise de conscience de la dimension destructive au niveau planétaire d’une telle entreprise pousse les architectes à envisager d’autres voies pour poursuivre leur pratique. Réalisé dans le cadre de l’atelier RE:WORK de Leonid Slominsky du Master en architecture d’intérieur, le projet de Nobuyoshi Yokota propose de réaffecter une gare abandonnée à Crans-près-Céligny, dans le vignoble de la Côte, pour en faire un lieu d’apprentissage des métiers du vin. Par des interventions architecturales minimales, Yokota dote cette relique des débuts du rail d’un programme qui lie pensée écologique, sociale et économique.

  • Du design centré utilisateur au design qui enlève

    par
    • Jean-Baptiste Farkas
    • Anthony Masure
    • Mathilde Pellé
    • Brieuc Saffré
    • Julien Vey

    Le design centré utilisateur s’est imposé de manière exclusive dans le développement des interfaces et protocoles informatiques. Loin d’être neutre, cette approche du design est au contraire biaisée, car fondée sur certains utilisateurs bien identifiés – les actifs, les consommateurs – alors que d'autres populations plus précaires ou aux pratiques moins formatées restent dans son angle mort. La réduction de la pensée de l’objet à son seul usage se fait également au détriment d’une réflexion plus globale qui pourrait intégrer par exemple le devenir déchet d’un produit. À l’invitation de la Digital Tech Conference 2021 de Rennes, Anthony Masure, responsable de la recherche à la HEAD – Genève (HES-SO) et Brieuc Saffré, directeur de l’agence de design circulaire Circulab amorcent une critique de ce dogme du design pour envisager d’autres pistes, du design centré citoyen au design qui enlève plutôt qu’il n’ajoute. Nous publions ici une version audio de cette discussion animée par Julien Vey, président de l'Institut supérieur de design de Saint-Malo.

  • Compte-rendus innovants d'antiques technologies

    par
    • Kris De Decker
    • Nicolas Nova

    Les nouvelles technologies s’accompagnent souvent d’effets secondaires nuisibles, sur le plan écologique, mais aussi psychosocial. Plutôt que de mettre en avant la nouveauté, Kris De Decker tente de répondre à nos besoins humains par des articles sur des technologies oubliées, le recyclage, la réparation et l’ingéniosité. Il les publie en ligne sur Low-Tech Magazine, qu’il a fondé en 2007. La création d’une version du site à basse consommation énergétique alimentée par un panneau solaire installé sur son balcon allie le non seulement le média à son contenu, mais vient démontrer tout le potentiel créatif à tirer de la frugalité. L’enseignant et chercheur en design Nicolas Nova (HEAD – Genève, HES-SO), lui-même auteur d’un projet de recherche sur les magasins de réparations de téléphones portables, s’entretient avec De Decker au sujet de son passionnant et inspirant projet éditorial et sur la portée politique d’un changement de paradigme de la production, vers la dé-production, la maintenance et la réparation.

  • Le Freistilmuseum vingt ans après

    par
    • Julie Enckell Julliard
    Les historien·ne·s se passionnent depuis quelques années pour le geste radical du retrait du monde de l’art et de l’activisme politique de certaines figures aux motivations et parcours divers telles que Carla Lonzi, Lee Lozano, Shulamith Firestone ou Agnes Martin. S’il ne s’inscrit pas dans cette généalogie féministe et largement reconnue, le Freistilmuseum (musée en style libre), initié par trois artistes argoviens dans les années 1970, éclaire d’une autre manière la distance avec le marché de l’art et le travail depuis la périphérie au travers d’une activité matériellement non productive qui se rapproche d’une forme de médiation. Au terme de ses études, Julie Enckell Julliard s’était enthousiasmée pour les contrepoints critiques créés par le Freistilmuseum lorsqu’il introduisait des objets du quotidien dans des expositions d’autres artistes. Vingt ans plus tard, elle opère une relecture de la valeur écosystémique de cette pratique de mise en relation.
  • Entre concept et compétence

    par
    • Ileana Parvu
    En 1981, Ian Burn estime que l’art conceptuel est à l’origine d’une perte de compétences manuelles des artistes. A force de mettre l’accent sur la conception, ils se seraient privés des moyens de savoir spécifiques qu’ils avaient à leur disposition du temps où ils peignaient ou sculptaient. Sur ce terrain du deskilling, Zoë Sheehan Saldaña décide de se tenir d’une façon paradoxale. Depuis le début des années 2000, l’artiste explore en effet les modes de production industriels en reproduisant manuellement ou artisanalement des biens de consommation. Sa pratique donne lieu à une histoire de l’organisation du travail et du capitalisme dans laquelle Ileana Parvu voit se dessiner des possibilités de ralentissement.
  • Combien une haute école émet-elle de CO2 ?

    par
    • Yves Corminboeuf
    • Anthony Masure

    La HEAD et la HEG se sont associées pour développer un calculateur carbone avec pour objectif de mesurer l'impact sur le climat des activités des HES de Suisse romande. Porté par Anthony Masure, Yves Corminboeuf (HEAD – Genève, HES-SO) et Laurent Cornaglia (HEG), ce projet de recherche appliqué actuellement en phase finale de développement sera disponible via une application en libre service. Pour ce dossier, Yves Corminboeuf et Laurent Cornaglia ont calculé à l'aide de cet outil les émissions de la conférence de matali crasset de janvier 2022.