• HETS
  • Conférence

« C’est injuste » Sanction éducative en foyer et question du genre

Mercredi 24 juin 2026
Dates: Mercredi 24 juin 2026
Ajouter au calendrier
Horaire: 09h00 - 11h00
Lieu: HETS-Genève
Bât.D, salle D107
Rue Prévost-Martin 28 
1205 Genève
Soutenance du travail de Bachelor de Adisa ZIBLIM, orientation Education sociale (FEE-22), Caroline OGAY, orientation Education sociale (FEE-22) et Guilhem KOKOT, orientation Animation socioculturelle (FEE-22).

Ce travail de Bachelor s'inscrit dans le champ de la protection de l'enfance à Genève et s'intéresse principalement à la manière dont les adolescentes placées en foyer éducatif perçoivent et vivent les sanctions qui leur sont adressées. La question de recherche centrale est la suivante : comment les adolescentes perçoivent-elles et vivent-elles les sanctions éducatives en foyer ? Pour y répondre, une démarche qualitative compréhensive a guidé cette recherche, fondée sur des entretiens semi-directifs menés auprès de trois jeunes, soit deux adolescentes accueillies dans le foyer principalement étudié et un garçon issu d’un autre foyer, ainsi qu’auprès de trois professionnel-les exerçant dans des foyers éducatifs genevois. Le cadre théorique articule les notions de norme, transgression, punition, sanction éducative, relation éducative, autorité, adultisme et genre, en s'appuyant notamment sur les travaux de Prairat (2024) autour de la sanction éducative et de sa distinction avec la punition. Les résultats suggèrent l’existence d’un décalage central entre l'intention éducative des professionnel-les et le vécu des adolescentes. Dans le corpus étudié, les adultes pensent généralement la sanction comme un outil de responsabilisation et de rappel au cadre, tandis que les jeunes la perçoivent fréquemment comme injuste, incohérente ou dépourvue de sens. Ce décalage semble notamment lié à l'existence de règles implicites non partagées, à une cohérence institutionnelle parfois insuffisante au sein des équipes et à une faible participation des jeunes à l'élaboration du cadre. Dans les entretiens, la sanction ne semble pas se réduire à une réponse technique : elle apparaît avant tout comme un acte relationnel. La qualité du lien éducatif, la posture des professionnel-les et le sentiment d'être reconnu-e comme sujet influencent fortement la manière dont les jeunes reçoivent et investissent les sanctions. La question du genre traverse également les pratiques : comme le montre Rubi, certains comportements des adolescentes peuvent être évalués selon des normes de féminité spécifiques, pouvant générer une forme de double peine où la sanction s'accompagne d'un discours moral sur leur manière d'être. Ce travail plaide pour une explicitation accrue des règles, un renforcement de la cohérence d'équipe, et une réflexion approfondie sur la place des jeunes dans la co-construction du cadre institutionnel.


Ce travail de Bachelor sera présenté devant un jury composé de :

  • Alvaro PALACIO, Educateur spécialisé auprès de l’AEMO à Genève,
  • Annik SKRIVAN, chargée d’enseignement auprès de HEP Vaud à Lausanne,
  • Simone ROMAGNOLI, Directeur du travail de Bachelor et animateur de la séance.