Durabilité
Décarboner les entreprises, un enjeu stratégique autant local qu’international
Le Forum du Management Durable s’intéresse à la mise en œuvre concrète de la décarbonation des entreprises et son impact sur leurs modèle d’affaires. Coorganisée par la HEG-Genève, la Chambre de commerce, d'industrie et des services de Genève et l’Etat de Genève, avec le soutien de la Fédération genevoise des Banques Raiffeisen, la rencontre se tient le 4 juin prochain sur le campus Battelle.
Le changement climatique est un défi global. Les entreprises y répondent en diminuant leurs émissions de gaz à effet de serre. La décarbonation s'impose comme un impératif à la fois réglementaire, économique et stratégique. Au-delà du bilan carbone et des mesures opérationnelles, c'est le modèle d'affaires lui-même qui est questionné. Pourtant, qu’il s’agisse de multinationales ou de PME, les solutions pour y répondre sont autant systémiques que locales. Pour aborder ces différents enjeux, le Forum du Management Durable 2026 mobilise des intervenants institutionnels et des responsables d’entreprises.
En plus de la prise de parole du secrétaire général de l’International Organization for Standardization (ISO), le programme comprend une table-ronde réunissant des entreprises aussi variées que des spécialistes de la sécurité, du café ou encore un cimentier et un pépiniériste. Cette diversité des perspectives se retrouvera également dans l’intervention de l’orateur invité. En effet, architecte et urbaniste, Luc Schuiten est connu pour ses travaux sur les villes décarbonées et les cités végétales.
Économie décarbonée: du concret aux idées futuristes
« Les normes internationales jouent également un rôle central en matière de développement durable. Celles relatives aux énergies renouvelables et à la gestion environnementale contribuent à traduire les objectifs climatiques en outils concrets pour l'industrie », explique Sergio Mujica, Secrétaire général de l’ISO. Pour être traduites concrètement, les normes doivent aussi pouvoir être mesurées. C’est pourquoi, dans le cadre de cette rencontre, la HEG-Genève présente aussi son « Baromètre RSE 2026 », réalisé par les étudiant-es en Management Durable. Cette édition du baromètre met l’accent sur la décarbonation en proposant un regard académique sur les conditions de terrain des entreprises genevoises.
Au-delà du cadre normatif, il s’agit également de faire en sorte que les enjeux de la décarbonation soient intégrés au sein même des entreprises. Comme l’explique Anne-Sophie Dunand-Blaesi, directrice général d’Aprotec SA, « jusqu’à peu, les questions de responsabilité sociale des entreprises restaient dans le giron de la direction. » En créant une équipe transversale, la directrice a permis une meilleure prise de conscience et le développement de nouvelles idées au sein de son entreprise.
Parallèlement à ces démarches actuelles, le but est aussi d’imaginer des solutions pour le futur, notamment au sein de villes qui concentrent les populations et donc aussi les entreprises. Au travers de ses projets de villes végétales, l’architecte et urbaniste belge Luc Schuiten précise que : « [m]on travail est d’essayer d’engager des relations pour se sentir en phase avec tout ce qui nous entoure. » Une perspective qui implique de repenser autant les infrastructures de transports et que de production.
Des ateliers pratiques pour les entreprises
En plus des discussions et des réflexions, le but de cette rencontre est aussi de proposer des solutions. Ainsi, une série d’ateliers offre la possibilité de mettre en œuvre des mesures concrètes et systémiques au sein des entreprises. Abordées en petits groupes, les thématiques vont des normes ISO en lien avec les objectifs du développement durable aux outils RSE basés sur la blockchain en passant par la mobilité et l’établissement d’une feuille de route opérationnelle de décarbonation.
« Cette approche exigeante, transversale et concrète de la durabilité est notre marque de fabrique. C’est pourquoi l’organisation de ce forum annuel sur le management durable est une évidence pour notre école », conclut Andrea Baranzini, directeur de la HEG-Genève.
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