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  • Issue publie les réflexions critiques, pratiques et théoriques menées au sein de la HEAD – Genève
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Dossier #31

Assembling Intelligence

Ce dossier, amené à s’enrichir, explore les conditions matérielles, les implications sociales et les potentialités critiques des technologies d’intelligence artificielle. Attentive aux mutations des professions créatives, la HEAD – Genève a mis en place en janvier 2023 un plan d’action consacré à l’IA, comprenant un cours transversal en Bachelor, des formations internes destinées au personnel (relatées ici par Chloé Michel), des modules de formation continue, le développement d’alternatives open source et sur mesure, ainsi que des symposiums et des projets de recherche. 
 
Consciente des réactions d’hostilité que ces technologies peuvent, à juste titre, susciter, la position défendue à la HEAD consiste à affirmer qu’étudier l'IA ne revient pas à promouvoir ses valeurs et usages dominants. De fait, l’extraction de matériaux rares, la consommation énergétique des centres de données et la dépendance à des chaînes d’approvisionnement globalisées inscrivent ces dispositifs dans des logiques « extractivistes », sources de nouvelles tensions géopolitiques. À mesure que ces transformations s’intensifient, il devient nécessaire de déplacer la critique vers une analyse située des infrastructures, des usages et des formes de vie que ces systèmes produisent — ce dont rend compte, notamment, le journal de terrain de thèse de doctorat de Cyrus Khalatbari consacré à l’étude des cartes graphiques (GPU).
 
Souvent présentée comme une entité autonome, l’IA masque la diversité des dispositifs techniques, des formes de travail humain et des rapports de pouvoir qu’elle organise. Dans ce contexte, Anthony Masure et Grégory Chatonsky montrent que les objections morales, appelant à refuser ou à suspendre en bloc ces technologies, peinent à saisir les dynamiques en cours et risquent de laisser intactes les conditions de leur déploiement, en fermant la porte à l’expérimentation. Les pratiques artistiques et de design apparaissent ici comme des lieux privilégiés d’expérimentation, capables d’interroger, de détourner et de reconfigurer les dispositifs et imaginaires. Eloïse Vo examine ainsi l’histoire trouble de la Dolphin House pour revisiter, depuis la cybernétique des années 1960, la condition alien de la place de l’humain dans le cosmos. Explorer ces espaces intermédiaires, latents, ouvre à de nouvelles formes de collaboration hybridant êtres vivants et machines. Dans cette perspective, Sylvie Boisseau, Frank Westermeyer et David Zerbib subvertissent, par la recherche-création, les mutations de l’acteur à l’ère des avatars et de la reconnaissance d’émotion, afin d’interroger les récits d’obsolescence du cinéma, voire du corps.
 
Sur le plan économique et social, la contribution de Yaniv Benhamou, résumant un essai dédié, analyse les mutations des chaînes de valeur dans les champs de la création, marquées par des mécanismes de prédation et de « plateformisation », afin de formuler des propositions pour mieux rétribuer les personnes et les entités sans lesquelles la culture disparaîtrait. Enfin, le dossier intègre un projet de recherche en cours, Fucking Tech!, mené par Anthony Masure et Saul Pandelakis, qui s’intéresse aux nouvelles formes de sexualité humano-robotiques ouvertes par l’émergence de nouvelles catégories de produits. Là encore, l’enjeu consiste moins à prendre position pour ou contre l’IA qu’à en comprendre les logiques, à en diversifier les usages et à ouvrir des espaces d’intervention au sein des systèmes existants.

par
  • Anthony Masure
lire la suiteréduire
  • départementrecherche
  • sujetcapitalismeécologieintelligence artificielletechniquethéorie critique
  • publié le 03 avril 2026
  • permalien https://www.hesge.ch/head/issue/issues/issue-31-assembling-intelligence-anthony-masure
  • licence CC BY-SA 4.0
informationsrevenir à la publication
  • L’objection morale abandonne le terrain 

    par
    • Grégory Chatonsky
    • Anthony Masure

    Cette chronique critique les appels au rejet total de l’IA générative, jugés essentialistes et contre-productifs, car ils ignorent la diversité des infrastructures, des usages et des alternatives possibles.

  • Démystifier l'intelligence artificielle

    par
    • Chloé Michel

    Cet article revient sur la formation d’initiation aux enjeux de l’intelligence artificielle (IA) générative d’une durée d’une journée qui est proposée aux collaborateur·icexs de la HEAD – Genève dans le cadre du « plan d’action IA » mis en place en janvier 2023.  

  • Démanteler et dissoudre, reconstruire, remixer

    par
    • Cyrus Khalatbari

    Cette contribution restitue une enquête de quatre ans sur l'économie politique de la miniaturisation des cartes graphiques, structurée autour de terrains au Ghana et à Taïwan, et d'expérimentations par le faire avec trois collaborateurs. En démantelant, reconstituant et détournant une cinquantaine de cartes graphiques, la recherche rend tangibles trois dimensions enfouies dans cette boîte noire : les ramifications géologiques et élémentaires de ces artefacts, les pratiques sociales et culturelles qui les façonnent, et les rapports de pouvoir qu'ils engendrent. Dissolution chimique, archéologie des médias et remix anachronique y sont convoqués comme épistémologies critiques à part entière — des modes d'enquête situés qui, par le geste technique, permettent d'accéder à ce que ni l'observation distante ni l'analyse textuelle ne sauraient révéler sur l'intelligence artificielle et ses matérialités.

  • Écho(re)localisations de l’intelligence

    par
    • Eloïse Vo

    Explorant les récits intimement liés de la communication interspécifique et de l'intelligence artificielle, cet article revisite les tentatives passées (1960-1970) de communiquer avec des intelligences non humaines, afin d'appréhender l'urgence de l'échelle planétaire. Des efforts de John C. Lilly pour dialoguer avec les dauphins à la plaque de Pioneer et aux développements récents de l'IA, ce texte analyse le pessimisme associé à l'obsolescence humaine. À partir du concept de « devenir planétaire » de Jennifer Gabrys, l'article invite à reconsidérer l'agentivité extraterrestre face au calcul à l'échelle planétaire, encourageant à passer d'une vision de l'IA comme une menace à une compréhension de son rôle dans un contexte écologique et synthétique plus large.

  • Danse avec les bots

    par
    • Sylvie Boisseau
    • Frank Westermeyer
    • David Zerbib

    Cet article présente une étape de travail du projet de recherche « Le corps hackeur » (HEAD – Genève, 2024-2027) associant arts visuels et philosophie. Le point de départ de cette recherche est l’interrogation suscitée par une évolution technologique, celle de l’intelligence artificielle (IA) générative, qui introduit des questionnements d’ordre esthétique, anthropologique et philosophique au sein des pratiques de création, en particulier vidéographiques. À travers une série de courtes vidéos, les auteur·ices ont expérimenté des situations de rencontre entre l’humain et l’IA générative, dans des images hybrides où le corps et sa spatialité tentent d’échapper progressivement au contrôle algorithmique, en compagnie d’une IA mutante.  

  • Creative Value Chains: Copyright and Beyond for a Better Value Distribution

    par
    • Yaniv Benhamou

    Cette publication propose un résumé d'un ouvrage à paraître, intitulé Creative Value Chains: Copyright and Beyond for a Better Value Distribution [Chaînes de valeur créatives : le droit d'auteur et au-delà pour une meilleure répartition de la valeur] (Bristol University Press, 2026), qui traite de la concentration croissante de la valeur à l'ère du numérique et de l'IA, et plus particulièrement de la valeur tirée du travail créatif et intellectuel au sein de l'économie créative.

  • Je serai ta meilleure (petite) amie : quand le design s’intéresse aux compagnes virtuelles générées par l’IA

    par
    • Anthony Masure
    • Saul Pandelakis

    Ce texte propose une analyse critique des interfaces des services de « AI Girlfriends ». Apparues avec l’essor de l’IA grand public au début des années 2020, ces plateformes prétendent pallier la solitude et les limites des relations amoureuses. Notre étude montre que leurs interfaces hybrident six paradigmes : apps de rencontre, fandoms, porn tubes, documentation technique, configurateurs d’avatars et messageries instantanées. Ce patchwork produit des formes d’ambivalence qui dissimulent des logiques économiques et idéologiques, tout en renforçant des normes genrées, stéréotypées et hétéronormatives.