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  • Issue publie les réflexions critiques, pratiques et théoriques menées au sein de la HEAD – Genève
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Dossier #7

L'énigme autodidacte : dossier d'enquête sur une figure de l'histoire de l'art

Coup de théâtre à la Biennale de Venise de 2013 : dans l’exposition officielle dont Massimiliano Gioni assume le commissariat, une quarantaine de créateurs et de créatrices sans formation artistique sont présenté·e·s côte à côte et sans distinction avec des artistes aguerri·e·s de la sphère professionnelle. La controverse fait rage : comment peut-on insérer dans la biennale la plus importante du monde de l’art des productions qui ignorent la théorie de l’art et ses traditions ? Pourquoi l’inventivité de ces œuvres conçues sans connaissance approfondie des critères esthétiques fascine au point de tenir lieu d’une énigme ?

Réalisées lors d’une journée d’étude organisée par Charlotte Laubard, responsable du Département Arts visuels de la HEAD – Genève, les contributions de ce dossier reviennent sur la place des autodidactes durant le XXe siècle pour resituer les enjeux historiques et théoriques qui ont contribué à édifier cette énigme. Elles ambitionnent de défaire certaines représentations mythifiantes concernant les pratiques artistiques en s’interrogeant sur ce qu’un apprentissage par soi-même produit concrètement dans un parcours de création. Elles postulent pour cela une approche à la croisée des disciplines en mobilisant les apports théoriques sur les apprentissages en sociologie, anthropologie, philosophie pragmatique, et sciences de la cognition et de l’éducation.

Non seulement ces contributions entendent ménager un espace pour les productions artistiques maintenues aux marges des institutions de l’art, mais elles nous enjoignent aussi à revoir entièrement nos critères de jugement dans un contexte d’élargissement sans précédent des pratiques de création bouleversé par la globalisation et les technologies numériques.

Ces conférences nourrissent et complètent les recherches d’une vaste exposition historique organisée par Charlotte Laubard au Musée d’Art Moderne et Contemporain de Saint-Etienne (octobre 2021-avril 2022).

Image de couverture : Bodys Isek Kingelez, Italie, s.d., 44 x 10 x 49 cm, papier, carton et plastique de récupération (inv. FNAC 981002)   

lire la suiteréduire
  • départementarts visuels
  • sujetanthropologieartcollectifhistoireidentitésintersectionnalitéthéorie critique
  • publié le 20 mai 2021
  • permalien https://www.hesge.ch/head/issue/issues/issue-7-lenigme-autodidacte
  • licence CC BY-SA 4.0
informationsrevenir à la publication
  • Une histoire de légitimité

    par
    • Charlotte Laubard

    Charlotte Laubard déplie ce qu’elle nomme « l’énigme autodidacte » dans ce podcast associé à un large corpus d’images. Protéiforme, cette énigme interroge les modes d’apprentissage et l’invention artistiques autant que les critères de légitimité qui régissent l’histoire de l’art. Elle propose notamment de mettre en parallèle la trajectoire d’artistes qui ont fait l’objet de différentes appellations telles que « brut », « outsider », « naïf » avec celle d’artistes des avant-gardes, qui, dans les années 1950, ont dû mettre en œuvre une forme de désapprentissage pour rompre avec la tradition, ou encore de créateurs venus de sphères et cadres d’apprentissage non-occidentaux.

  • L'apprentissage auto-reverse

    par
    • Christophe Kihm

    Dépeint en singulier absolu, à la fois solitaire et providentiel, l’auteur-compositeur-interprète et dessinateur américain, Daniel Johnston  (1961-2019) s’est souvent vu attribuer les qualificatifs de « naïf », « outsider », « brut » forgés par l’historiographie artistique. À partir de lectures tour à tour mondaines, hagiographiques, biographo-pathologiques qui ont été faites de la production de Daniel Johnston – et accompagné par ses chansons en fond sonore, Christophe Kihm explique en quoi le musicien incarne un certain mythe du génie autodidacte, à rebours des valeurs d’une pop music considérée comme inauthentique et commerciale. 

  • L’énigme autodidacte, de la fabrique de l’œuvre à sa reconnaissance

    par
    • Hélène Bézille

    En évoquant une série de découvertes faites dans le cadre de ses recherches sur les apprentissages « informels » ou non « formatés », Hélène Bézille explore la construction socio-historique de la figure de l’autodidacte. Elle observe notamment comment cette figure double oscillant entre disqualification et reconnaissance, aliénation et émancipation, a gagné en légitimité à partir des années 1960 avec l’édification du self-made man et « l’artification » croissante de ce que l’on considère comme des singularités radicales.