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Arts of Commoning
Dans cet article, les auteur·ices nous présentent les enjeux de leur projet de recherche artistique, Arts of Commoning, dont est tiré ce dossier.
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“Immense Capacities for Creative, Revolutionary Practice”
L'un des plus importants historiens des communs atlantiques aborde la riche histoire de l'invention mutualiste et de la solidarité, de l'esthétique du commun à la résistance à la « contre-révolution » industrielle ; du métier Jacquard attaqué par le général Ludd aux centres de données et à l'IA contemporains ; du Livre de Ruth à la Charte de la forêt ; et de l'Hydre aux mille têtes au jubilé. Linebaugh nous rappelle que le faire commun est né et continue d'exister dans la lutte des classes, « au sein et au-delà des institutions capitalistes ».
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“Commoning is the Art of Enactment”
Dans cette conversation, Massimo De Angelis réfléchit en détail au faire commun, à la fois comme tissu vivant de la coopération quotidienne et comme force systémique capable de réorganiser la reproduction sociale au-delà du capitalisme. À partir de son prochain ouvrage, The Pyramid and the Common, il retrace la façon dont le faire commun se déploie en tant que praxis, soit un art de la mise en œuvre pris dans les logiques du capital, mais orienté vers l'autonomie, le soin et l'habitabilité. La discussion aborde les principales lignes de fracture de notre époque : le rôle ambivalent de l'État dans les transitions écosocialistes ; la confrontation entre efficacité et efficience dans le développement technologique ; l'esthétique et l'attrait sensuel du faire commun dans la musique, la danse et l’art ; l'imaginaire des communs plus qu'humains ; et l'émergence du « sens des communs » à l'ère de la crise planétaire et de la guerre. En ressort une vision du faire commun à la fois comme résistance et composition – une pratique qui dissout l'ancien tout en répétant, rythme après rythme, les formes d'un monde vivable.
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An Alter-Politics of Love
Au fil de cet échange foisonnant, Alexandros Kioupkiolis expose la logique d’une stratégie contre-hégémonique visant à promouvoir une politique écosocialiste fondée sur les communs ; évalue l’héritage des mouvements sociaux organisés horizontalement ; propose une analyse critique de l’intelligence artificielle et des technologies numériques ; et affirme l’importance politique de l’amour dans une conjoncture planétaire de polycrise sociale et écologique profonde.
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“Understanding the territory and the needs of the community”
Dans cet entretien captivant, l’enseignante, militante féministe et éminente théoricienne et historienne des communs Silvia Federici expose ses réflexions sur les pratiques de mise en commun (« commoning ») et le féminisme, les enclosures capitalistes, le réenchantement et Internet, les Zapatistes et l’éco-socialisme, ainsi que sur les perspectives actuelles d’une politique progressiste d’émancipation.
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“The Thick Intelligence of the Commons”
Cette discussion animée et stimulante avec l'anthropologue, commissaire d'exposition et cinéaste Massimiliano Mollona envisage les communs comme « une texture dense de la vie, où l’esthétique et l’économie politique ne peuvent être dissociées de la conscience de vivre dans un monde non réifié et pleinement accompli ». En s’appuyant sur l’expérience de ses initiatives politiques à la frontière de l’art, notamment l'Institute of Radical Imagination (IRI) et OMONOIA, la Biennale d'Athènes 2015-2017, Mollona met en lumière les formes de solidarités et les potentialités suscitées par le dialogue entre « art et communs ».