browse summary of Issue #5
Through a montage of texts and interviews with artists and authors, Diane Rivoire traces the links between art, love and friendship, the love of art and workplace friendships. Some passages are borrowed and have been subtly updated while others are personal writings inspired by lived experiences. The conversations in which Rivoire engages, chapter after chapter, are the opposite of the image of passivity usually associated with the posture of the female admirer. This panorama of chatty and, directly or indirectly, loved figures is the starting point of a process of production of the self as an artist, a lesson of appropriation in its own right. Rivoire 2020 Master’s thesis comes with an introduction by her tutor Jill Gasparina.
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<em>Love is what you want</em>, Master Thesis, Diane Rivoire, 2020

  Depuis la naissance de la culture de masse, le fan a constitué un sujet inépuisable de moquerie. On lui a reproché sa naïveté, on a parodié son fétichisme, on l’a dépeint comme une figure de l’aliénation, des critiques similaires à celles que l’on a adressées aux femmes lorsqu’elles étaient en position de consommer des objets culturels : les lectrices de romans au XIXème siècle sous influence, les groupies hurlant leur désir au premier rang dans les concerts de rock, les spectatrices de cinéma amourachées des héros occupant tout l’espace à l’écran, les étudiantes en école d’art qui ne dépassent-pas-le-stade-de-l’admiration, les jeunes filles théorisées sous tous les angles, vierges, marchandes et marchandisées, toutes ces femmes ont été systématiquement convoquées à leur procès pour bovarysme, et considérées avec dédain. La convergence entre ces deux objets de mépris, la femme, le fan, constitue le point de départ du texte de Diane Rivoire. Et comme Chris Kraus dans I Love Dick, elle renvoie la condescendance à l’envoyeur. À travers un montage de textes, d’interviews d’artistes, d’auteurs, d’autrices, elle trace des liens entre l’art, l’amour et l’amitié, l’amour de l’art et l’amitié au travail. Certains passages sont empruntés et subtilement réactualisés, d’autres sont des écrits personnels inspirés d’expériences vécues. Les conversations dans lesquelles elle s’engage, chapitre après chapitre, sont à l’opposé de l’image de passivité que l’on associe conventionnellement à la posture de celle qui admire. Et ce panorama de figures bavardes et aimées, de près ou de loin, constitue le point de départ d’un processus de production de soi en tant qu’artiste, une véritable leçon d’appropriation. Jill Gasparina