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Quelques idées en cours d’élaboration de lignes directrices vers une sensibilité durable pour la pratique créative
Les réflexions présentées ici font suite à un exposé que j’ai donné en novembre 2022 dans le cadre d’une série de discussions sur l’écopédagogie organisée par le master TRANS— Pratiques artistiques socialement engagées (HEAD—Genève). L’intervalle entre cette présentation et cette publication m’a donné le temps et l’espace pour faire évoluer ma compréhension d’une sensibilité durable pour la pratique créative. Au lieu d’une conclusion, ce texte se termine par quelques idées en cours d’élaboration de lignes directrices choisies parmi une liste plus longue. Elles représentent une affirmation mais aussi une extension de la position que j’ai proposée en 2022. -
L'université indiscutée
En tant qu'artiste travaillant de manière collaborative, ma pratique artistique a activé des actions dans des contextes publics, tandis que le fait de travailler dans des universités a permis de payer mon salaire et de soutenir ma pratique artistique grâce à des subventions de recherche. En 2012, pour faire face à la crise socio-écologique, j'ai introduit ma pratique artistique à l'Université des Arts de Londres (UAL) où je travaille. En faisant des interventions conceptuelles, je me suis heurté à la séparation entre le discours académique ou artistique, et les pratiques de l’administration de l'université.
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Les aspects micropolitiques et holistiques des écopédagogies
Le capitalisme cognitif d’aujourd’hui fonctionne sur la logique du séparatisme, qui exige l’auto-marchandisation et l’auto-représentation : une logique de l’extériorité qui, comme nous le savons, est également inscrite, par exemple, par les médias sociaux. De même, la consommation omniprésente des médias, la notion de spectateur·rice·x, l’observation, le statut de témoin et le regard extérieur sont des qualités dont la société actuelle est abondamment saturée, et qui contribuent aux efforts des acteurs·rices·x du capitalisme tardif cognitif et de surveillance dans le construction d’hyper-individualisme. La sensation de séparation et l’apathie sont des états émotionnels qui manipulent et éloignent les sujets de leurs propres efforts sociaux et expressifs.
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Jouer dans le vide
Je souhaite écrire sur ma pédagogie, qui est basée sur la performance, en relation avec une recherche textuelle plus explicitement politique. Ceci afin de mettre en évidence d'importantes tensions issues de la pratique, et de pointer quelque chose sur les relations entre savoir et enseigner dans notre monde en mutation.
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Pour un art profondément écologique
Dans l’art contemporain, un secteur professionnel basé sur l’économie de marché globalisée, et où j’ai travaillé pendant plus de vingt ans comme chargée de production, commissaire d’exposition, puis directrice, principalement en institutions publiques, la conscience écologique n’a guidé mes choix que très tardivement. La priorité était généralement donnée à la production du projet de l’artiste, à sa diffusion et à sa transmission, sans que le paradigme écologique n’interfère, ou si peu, dans la liberté de créer et de programmer.
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Paysages déshydratés
Si vous lisez ce texte sur un écran d'ordinateur, il est possible que vos yeux s'assèchent. L'exposition prolongée à des écrans électroniques lumineux fait que nous clignons moins des yeux et que la lubrification se réduit, ce qui peut entraîner un état connu sous le nom de « sécheresse oculaire », provoquant une gêne et affectant gravement notre vision. Alors que nos globes oculaires se déshydratent devant les écrans, on estime qu'environ 33% du globe terrestre subit actuellement des processus d'aridification. Outre le réchauffement climatique, la cause la plus immédiate de l'aridification dans le monde est l'utilisation inappropriée des terres par l'élevage et l'agriculture conventionnels.
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Se préparer au "Pas encore"
Comment pouvons-nous évoluer vers un désir partagé de la façon dont nous aimerions vivre ? Comment agir afin d’améliorer notre propre vie ou situation, tout en servant une approche collective ? Ce sont des questions qui doivent être abordées dans chaque cadre de vie – en ville comme ailleurs.