Nouvelle parution aux Editions IES

Sur le sentier de la paix sociale. Dix ans d'action citoyenne

David Teti

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Diagnostic en marchant, base d’action communautaire

En 2013, Nicole Purnôde vient former une centaine de professionnels au diagnostic en marchant. En 2015, une journée de cours de l’orientation animation réunit des habitants de Plainpalais et 32 étudiants pour effectuer une heure de diagnostic en marchant dans le quartier, et expérimenter comment l’analyse collective des constats effectués engage une dynamique de développement communautaire.

Comme toute méthode qui parait simple, le risque est  de voir des applications qui gardent l’appellation, mais qui ont perdu le fond d’une démarche en réalité de haute exigence de participation citoyenne et d’éducation populaire.  Voyons comment….

Nicole Purnôde

Aujourd’hui retraitée, elle a été coordinatrice de Bruxelles, Ville Santé, qui inscrit la capitale dans le programme de santé communautaire défini par la Charte d’Ottawa. Comme elle ne dispose d’aucun budget propre, sinon son temps, elle implique les habitants et mobilise les services de l’administration.

L’approche et l’écoute avant le diagnostic en marchant

Le travail commence par la rencontre des habitants et l’écoute de ce qui les concerne. Des tonnelles conviviales  de présence régulière ouvrent aux échanges, au partage de préoccupations. Des habitants sont présents le jour fixé pour diagnostiquer un tronçon problématique.

Objectiver les constats sur le terrain

Sur le court tracé prévu, le groupe avance pas à pas. Chacun note ce qu’il voit, entend ou sent sur un post it, le négatif comme le positif. Chaque constat est  numéroté, photographié et reporté sur un plan.

L’analyse ouvre le dialogue

Quelques jours plus tard, on se réunit.
Se rappelant le parcours par les photos, on réunit les post it, constat par constat. La discussion commence, suscitée par 4 questions :   

1. Est-ce un point positif ou négatif ? Un graffiti est artistique pour les uns, dégradation pour les autres.

2. Où classer ce constat en fonction des services à contacter : aménagement ? Propreté ?  Circulation ?...

3. Comment synthétiser le point retenu ? Le nombre de post it pour un même constat signale son importance.

4. Est-ce un problème de matériel ? De fonctionnement ? De comportement ?  Des ordures  sur la chaussée, s’il y a une poubelle (matériel), régulièrement vidée (fonctionnement)  signalent un problème de comportement.

Prioriser pour engager une action collective

La réussite des actions menées tient à  trois facteurs : les habitants deviennent experts des questions qu’ils posent. Ils nouent d’emblée un partenariat de travail avec les acteurs qui pourraient répondre à leur demande. La convivialité rapproche et fait lien.

Une heure de constats fournit de quoi travailler pendant au moins cinq ans !

 

Danièle Warynski, chargée d'enseignement HES